samedi 28 avril 2018

Mémoires et radotages (173) – Afrin, notre Munich 2018


Écrit le 25 avril 2018 

Note de Zalandeau : Nous comprenons le cynisme de l’attitude des occidentaux dans une affaire où l’intérêt géostratégique et la manne pétrolière guidée par un pragmatisme implacable nous fait adopter un semblable comportement. Nous comprenons, mais nous désapprouvons totalement… Voici les faits : 

Philippe Martinat et Henri Vernet le 22 mars 2018

« La prise de la ville d’Afrin par l’armée turque sonne le glas d’un Kurdistan syrien.

Triste « Norouz » – le nouvel an célébré mercredi par les Kurdes – pour les habitants d’Afrine. Cette grande ville clé du Rojava, l’entité kurde autonome autoproclamée au nord de la Syrie, est désormais entièrement sous le contrôle de l’armée turque. Et de leurs supplétifs, les rebelles de l’Armée syrienne libre, composée aujourd’hui majoritairement de djihadistes. 

Pourquoi cette offensive turque ?

Officiellement pour se débarrasser de la menace dans cette région frontalière. « Nous avons reçu pas moins de 700 tirs de roquette tirés depuis l’enclave d’Afrine faisant des dizaines de morts », assure Ismail Hakki Musa, l’ambassadeur de Turquie en France.

En réalité l’autoritaire président de la Turquie, Recep Tayyip Erdogan, ne veut à aucun prix laisser s’installer le long de sa frontière un Kurdistan indépendant. « Il y a une perméabilité évidente entre ces milices kurdes et le PKK (NDLR : le parti kurde d’opposition en Turquie, considéré comme organisation terroriste). La preuve on a retrouvé chez nous des armes américaines fournies aux Kurdes de Syrie. »

De fait, Erdogan, dans l’euphorie de sa victoire d’Afrine, a annoncé son intention de poursuivre l’offensive en direction de Manbij, une ville située à environ 100 km à l’est où sont regroupées les forces kurdes mais aussi… un contingent de 200 marines américains. 

Le lâchage des Kurdes

Avec la chute d’Afrine, ils se sentent abandonnés et même trahis par leurs alliés occidentaux. Eux qui étaient en première ligne face à Daech pour reprendre Kobané et Raqqa, espéraient au moins que Paris et Washington imposeraient une zone d’interdiction de survol pour empêcher les raids de l’aviation turque.

« Sur le terrain on est meilleur qu’eux, mais contre leurs avions on ne peut rien », confiait un commandant kurde à Emilie Buzyn, une reporter-photographe présente au moment de l’offensive. La jeune femme témoigne de bombardements violents, y compris sur un hôpital civil, qui ont poussé la population à fuir Afrin.

Un vrai retournement de situation en faveur d’Erdogan et du syrien Bachar al-Assad devenus alliés objectifs après s’être sévèrement opposés. Le rêve du Rojava syrien, à l’image du Kurdistan irakien, est en train de s’évanouir. 

Le cynisme des Occidentaux
Malgré l’appel de François Hollande à soutenir les Kurdes et les civils syriens, son successeur Emmanuel Macron, pas plus que l’Américain Donald Trump – qui dispose pourtant de soldats dans la zone – n’ont vraiment retenu le bras d’Erdogan.

Maintenant que Daech est presque vaincu, les pions kurdes ne servent plus. Le « chantage » turc de laisser à nouveau passer les migrants vers l’Europe explique-t-il de surcroît cette passivité ? Au total une faute morale et un mauvais calcul. « Si l’offensive turque s’amplifie ce sera la guerre dans tout le nord de la Syrie et tout le monde y perdra », se désole un médecin humanitaire syrien. »

Note de Zalandeau :
En voyant cette passivité, on ne peut s’empêcher de penser à la même passivité que nous avions eue avant guerre en 1938, avec les accords de Munich et le dépeçage de la Tchécoslovaquie. Nous avions un traité d’alliance avec la Tchécoslovaquie. Nous l’avons trahi. Nous reproduisons dans cette affaire la honte et le soulagement lâche de Chamberlain et de Daladier…
Comment peut-on abandonner nos alliés ? Comment peut-on être aussi veule ? Comment peut-on continuer d’être « allié » à ce grand paranoïaque nommé Erdogan et céder à tous ses caprices… Il nous tient par la barbichette comme Hitler jadis !

L’occident est Munichois ! Nous n’avons aucun honneur. Les Kurdes de Syrie ont fait le boulot contre Daesh. Ils forment une sorte de démocratie où la femme est l’égale de l’homme et c’est bien le seul peuple à être dans ce cas dans la région. Cela devrait nous rapprocher d’eux encore davantage, tant ce petit peuple mérite d’être défendu. Ce sont eux nos alliés ! Effaçons-les de la liste des peuples terroristes que Busch nous a imposée… Nous aurions du être inflexibles avec Erdogan. Ce que nous avons fait lors du bombardement de Douma est un coup pour rien. Protéger les Kurdes de l’aviation Turque, aurait du être notre action bienfaitrice…

Nous, Français, avions déjà abandonné les Harkis en Algérie…

Qui pourra dire un jour que nous empêchons le totalitarisme et le génocide ? Celui qui dira cela sera un menteur !

Ce laxisme, cette lâcheté et cette veulerie nous ferons perdre la guerre, les guerres, notre identité et notre honneur…
 

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