samedi 1 février 2020

Non, les feux en Australie n’ont pas été causés par un « dérèglement climatique »


Alors que l’Australie est ravagée par des incendies considérables, le changement climatique est pointé du doigt.

Une réaction automatique est fausse.



Écrit par Par Benoît Rittaud



Benoît Rittaud est mathématicien (université Sorbonne Paris nord) et président de l’association des climato-réalistes.



Difficile de ne pas céder à l’abattement devant les millions d’hectares ravagés par les flammes, et leurs 28 victimes. Moteurs de notre solidarité, nos émotions ne doivent cependant pas abolir notre faculté de réflexion. Si nos revivons un jour les mêmes scènes, il est mieux d’analyser objectivement ce qui s’est passé. Les marchands de peur, eux, n’ont pas besoin de le faire, ils tiennent leur explication depuis le début : Il fait plus chaud à cause de nous, donc la forêt brûle. Peu importe que ce soit faux, l’important est de satisfaire le complexe climato-industriel et ses relais médiatiques militants.



En réalité, le surface globale brûlée par les feux de forêt diminuent. Le siècle passé semble même avoir établi un minimum sur les deux derniers millénaires.

Pour la période récente, des observations satellitaires entre 1996 et 2012 signalent une baisse significative de 1% par an, et même de 2% entre 2003 et 2012.

Pour l’Australie le chiffre est encore plus frappant : 5% de forêt brûlée en moins entre 1991 et 2015, toujours par an. Pour mémoire, la tendance est également baissière sur le pourtour méditerranéen. On hésitera donc à l’attribuer au réchauffement climatique…



Mais, dira-t-on, 18 millions d’hectares de forêt Australienne partis en fumée en quelques jours, n’est-ce pas du jamais vu ? Non ! Dans ce même pays, un incendie 6 fois plus ravageur, soit une fois et demie la taille de la France, s’est produit en 1974-1975. Une année qui, contrairement à 2019-2020, n’était même pas celle d’une sécheresse particulière. Cela ne diminue en rien le drame vécu ces jours-ci ; cela diminue en revanche l’intérêt du simplissime climatique pour comprendre le phénomène.



Jamais en retard d’une sortie alarmiste, le journal le Monde s’est ridiculisé en titrant que les incendies de 1974-1975 « n’ont pas été bien pires » que ceux de cette année, principalement au motif qu’ils concernaient d’autres zones moins peuplées. Certes la différence est réelle pour les personnes concernées. Sauf que le journal du soir est bien entendu incapable de dire en quoi cette distinction permettrait de préserver le prétendu lien entre feu de forêt et « climat déréglé par l’homme ».

A ce propos faisons l’expérience de pensée qui consiste à intervertir les incendies actuels et passés, pour nous poser la question suivante : Le Monde eût-il alors écrit que 117 millions d’hectares de forêt brûlée, ce n’est « pas bien pire » que 18 millions ?

[…]

Il est temps que le climat cesse d’avoir bon dos. Pour cela, nous devons apprendre, ou plutôt réapprendre, que les questions environnementales ont, dans leur grande majorité, vocation à être traitées à des échelles locales. En l’espèce, l’origine du drame Australien est tout à fait banale : La gestion du parc forestier national s’est considérablement dégradée depuis plus de vingt ans. Les spécialistes et hommes de terrain s’en alarmaient depuis longtemps.

 Une catastrophe peut révéler la grandeur d’un homme. Alors que la meute exigeait du premier ministre Australien qu’il relève les ambitions climatiques de son pays, suite à la « leçon » donnée par les incendies, celui-ci a refusé tout net. En tenant tête à la dictature de l’émotion, Scott Morrison a ainsi agi en homme d’état.



Puissent nos gouvernants en prendre de la graine !



Paru sur V.A. du 23 janvier 2020

 

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire