Écrit par Par Anne-Fleur Andrle
Les menaces de Donald Trump contre l’Iran provoquent une vague de réactions politiques inédites. D’anciens soutiens veulent le déclarer inapte à gouverner.
La rhétorique de Donald Trump sur l’Iran franchit un nouveau cap. En menaçant qu’« une civilisation entière [allait] mourir ce soir, pour ne jamais revenir » si Téhéran ne cédait pas à ses exigences sur le détroit d’Ormuz, le président américain a déclenché une onde de choc qui dépasse largement le cercle de ses opposants habituels. Jusqu’à remettre sur la table une procédure rarissime : le recours au 25e amendement pour le déclarer inapte à gouverner.
Ce mécanisme constitutionnel permet, dans des conditions strictes, d’écarter un président jugé incapable d’exercer ses fonctions. Le vice-président et une majorité du gouvernement peuvent l’activer, avant un vote du Congrès. Une hypothèse extrême, rarement évoquée publiquement, mais qui s’impose désormais dans les réactions à la séquence actuelle.
Car les déclarations du président s’inscrivent dans une escalade verbale continue. Ce week-end encore, Donald Trump appelait déjà, dans un message au ton très cru, à ouvrir le détroit d’Ormuz et promettait de viser explicitement des infrastructures comme des ponts ou des centrales électriques. Des propos mêlant insultes, menaces militaires et références religieuses, alors que les tensions avec l’Iran ne font que monter.
La réaction politique est immédiate et virulente. La sénatrice démocrate Patty Murray dénonce des « divagations d’un dirigeant assoiffé de sang », tandis que le gouverneur du Kentucky Andy Beshear juge la situation « tout simplement délirante ».
Dans le même temps, d’autres élus démocrates accentuent la pression. Le représentant Mark Pocan estime que Donald Trump est « trop instable, dangereux et déséquilibré pour détenir les codes nucléaires ». Plusieurs responsables pointent une dérive incompatible avec la gestion d’une crise internationale majeure.
« Instable, dangereux et déséquilibré », un « fou génocidaire »
Mais la rupture la plus marquante ne vient pas d’élus de ce camp. Elle vient d’une ancienne figure du trumpisme. Marjorie Taylor Greene, qui a longtemps été parmi les plus fidèles soutiens du président avant d’en devenir une ardente opposante, appelle désormais à activer le 25e amendement. « Pas une seule bombe n’est tombée sur les États-Unis. Nous ne pouvons pas tuer une civilisation entière », écrit-elle, dénonçant des propos relevant selon elle du « mal et de la folie ».
Dans son sillage, d’autres voix cataloguées pro-Trump s’expriment. La commentatrice conservatrice Candace Owens, connue pour ses positions très alignées sur le mouvement MAGA, appelle elle aussi à une intervention. « Le 25e amendement doit être invoqué. C’est un fou génocidaire. Le Congrès et l’armée doivent intervenir. Nous avons dépassé le stade de la folie », écrit-elle.
Le malaise gagne aussi des figures influentes de la droite américaine. « Le temps est venu de dire non » au président, lance ainsi le commentateur Tucker Carlson, appelant directement les responsables politiques et militaires à s’opposer à lui.
Même tonalité chez le complotiste Alex Jones, pourtant longtemps soutien du président. « Alerte crime de guerre. Trump dit qu’une civilisation entière va mourir ce soir, pour ne jamais revenir. La définition d’un génocide, c’est la destruction d’un peuple entier », écrit-il, estimant que le président « ressemble à un super-vilain incontrôlable sorti d’un film de Marvel » et dénonçant « quelque chose pour lequel nous n’avons pas voté ».
Malgré l’annonce d’un report de deux semaines de son ultimatum et l’ouverture de nouvelles discussions avec Téhéran, la pression ne retombe pas. Au contraire, les appels à activer le 25e amendement continuent de se multiplier, signe que les inquiétudes suscitées par ses déclarations dépassent désormais le seul moment de crise.
L’idée d’un recours au 25e amendement n’est pas totalement nouvelle. Dès le début de l’année, après l’offensive controversée visant le Venezuela, certains élus avaient déjà avancé cette hypothèse. Mais la situation actuelle marque une étape supplémentaire. Les critiques se multiplient, se durcissent et dépassent les clivages politiques traditionnels. À 79 ans, Donald Trump, déjà le président le plus âgé à avoir prêté serment, voit revenir au premier plan une question centrale. Celle de son aptitude à gouverner.
Remarquons bien que nous avons le même à la maison !!!

















































