Écrit le 02 juin
2026
Depuis
le texte du 25 mai… où je parlais du décès et de l’incinération de mon ami de
travail Michel B., suivi du décès de Gégé (oui, c’est vrai je ne l’avais pas
nommé)… Gégé, ou Gérard R. qui fut incinéré le 1er juin, camarade de
promo sympathique, mort dans un accident de voiture : Nous avons appris
qu’Il a accéléré dans un parking au lieu de freiner, c’est bête de mourir
ainsi… mais quelle mort est intelligente, raisonnable ?… Et bien je baigne
dans les décès… Certains de ma promo y sont allés… Pour moi c’était trop loin
eu égard à mes rendez-vous médicaux trop rapprochés… Et bien ce n’est pas fini,
la série continue… Un autre camarade de promo vient de perdre son épouse. Elle
était prévenante, gentille, agréable, de bonne humeur… Je suppose que mon
camarade de promo doit être très abattu, j’aurais aimé aller le soutenir… Là
encore c’est dans le sud à 1000 bornes et incompatible avec les trois jours
nécessaires au minimum pour effectuer le voyage et la présence aux obsèques…
Les mêmes que pour le précédent décès, demeurant plus près, vont nous
représenter…
Il
n’est pas étonnant que dans ces circonstances, je sois amené à penser à la
mort…
On
dit qu’elle fait partie de la vie… On s’en passerait bien… Voir disparaître
ceux que l’on aime, encore et encore…
On
remet notre vie en question. A-t-on accompli ce qu’on aurait du accomplir avant
de partir ?
Pour
moi, depuis longtemps, la réponse est négative.
On
dit qu’on a fait ce qu’on a pu… Mais quand on regarde autour de soi… On
s’aperçoit que ce qu’on a pu était peu de chose… Par destin, par malchance, par
incompétence, je ne sais pas, j’ai pu très peu ! Et j’en suis
responsable ! Le seul responsable ! Responsable d’avoir été moi au
lieu d’un autre, qui aurait été doué, capable…
J’espère
que mes fils ne m’en voudront pas, bien que je mérite qu’on m’en veuille… Les
laisser dans ce sous-monde, je m’en veux plus que tout ! Avoir contribué à
les mettre au monde dans cet enfer diabolique était irresponsable !
Qu’ai-je
fais mon Dieu ? Y-a-t-il un enfer pour les pères incompétents ?
Mes
enfants m’aiment… Mais continueront-ils à m’aimer ? Ne s’apercevront-ils
pas de ma nullité ? J’ai peur ! J’ai peur de n’être plus aimé par mes
fils.
Leur
amour, ou peut-être est-ce le mien pour eux, m’a toujours motivé pour
travailler toujours davantage pour mes petits… Oui c’est vrai, j’ai travaillé
comme un dingue, on ne peut pas me le reprocher… Mais hélas je n’ai pas choisi
les bonnes filières, les bonnes places, les bonnes situations… Celles-ci n’ont
pas voulu de moi… Alors je suis resté dans ma médiocrité… Il n’y a pas de quoi
en être fier !
En
fait, j’ai très honte de moi, surtout quand je vois la réussite de mes
camarades de promo…
Etre
ou ne pas être ?... Pour moi ça a été « ne pas être », ou bien
« être une merde »… une sous-merde…
Je
ferais mieux de m’occuper à mes tâches subalternes comme par exemple :
-Reprendre
un costume que j’ai fait faire et qui ne me va pas du tout, parce que les
tailleurs asiatiques ne prennent pas en compte l’aspect voûté, ne rajoutent pas
l’ampleur aux mesures brutes indiquées…
-Changer
les bougies et le filtre à air moteur de la vieille Sandero de Nono.
Pauvre
Nono, une bagnole à 3500 euros, sans clim et sans direction assistée, c’est
tout ce que j’ai pu lui acheter… Pauvre Kikson, je ne lui ai donné que la même
somme pour son achat de voiture… Pauvre Toto qui est au chômedu, je lui ai donné la vieille voiture de
remplacement quand la sienne a été mise à la casse… Et ma petite femme… une caisse
sans climatisation…
Tu
parles d’un père et d’un mari !
C’est
pourquoi partir sera la meilleure solution pour cacher ma honte…
Ils
mettront « Ci gît le plus naze »… Et le pire, c’est qu’ils auront
raison !