Écrit le 20 avril 2026
18 jours que je n’ai rien écrit… Pas d’inspiration ? Pas de motivation, plutôt, parce qu’aucune idée positive ne pénètre dans l’antre de celui qui devrait écrire ses peines ses joies, ses indignations, ses critiques…
Plus cela va, plus les souvenirs remontent et ce sont les plus nauséabonds qui refont surface. Même les moments d’intense bonheur sont parasités par les suites cauchemardesques d’un avenir sans avenir, pour ceux que j’aime et qui m’ont donné tant de joie…
Le seul fait de les avoir mis au monde me vaudra l’enfer, pour m’apprendre à savoir prendre les bonnes décisions… Sauf que c’est trop tard, pour les décisions… Quand on est plus proche de la fin que du début, nulle décision de carrière, de comportement, de choix, de caractère, n’est de mise. Il est trop tard !
Mais pourquoi n’ai-je pas compris cela dans ma jeunesse… Je croyais à des valeurs surannées, comme le travail, la récompense qui s’en suit, la qualité, le professionnalisme, la conscience ! Se donner à fond et du mieux possible, mieux que les autres, être le meilleur dans ce que je faisais, étaient les éléments constitutifs de ma personne…
Quand je me retourne… oh… Je n’ai pas besoin de me retourner, le passé me rattrape me contourne et se met devant moi, sous mes yeux, comme un grand livre satanique… Et j’y vois, quoi ?… Un gros imbécile, qui aurait mieux fait de s’inspirer de ses collègues (non pas ses amis), qui eux, sans rien foutre, ou bien que des conneries, mais avec le talent de la comédie, de la flagornerie, de la classe que procure un discours chatoyant autant que creux et faux, ont progressé dans la hiérarchie, dans la notoriété, dans le confort et l’aisance.
Toute une vie ! Toute une vie, pour comprendre cela ! Cela prouve vraiment que je n’étais qu’un vrai débile mental, accroché à ses chimères !
Tous mes choix se sont avérés être mauvais, tous ! Et faire émerger des petits êtres formidables dans un enfer, ne fut pas le moindre de mes mauvais choix ! De surcroît, je leur ai refilé mes gênes d’honnêteté, de travail, de conscience… Fallait-il donc que je sois inconscient à ce point ?
De fil en aiguille, je me dis que mes caractéristiques me viennent de mes parents… Je pourrais donc les charger de ce patrimoine génétique aberrant… Mais non, aucunement… Ils se sont donnés à fond pour me monter l’exemple. Ils se sont parfois privés de manger pour nourrir leurs enfants… Ils ont toujours été droits, fiers et honnêtes et un véritable exemple pour moi. Ils se sont saignés aux quatre veines, comme on dit, pour que je puisse m’élever au dessus de leur propre condition : c’était leur rêve, leur espoir !
Et moi, qu’est-ce que j’ai fait de leur espoir ? J’ai voulu continuer avec leurs valeurs que j’avais faites miennes… Funeste erreur !
J’aurais du me dire que ce tremplin, n’impliquait pas de garder leurs valeurs… mais au contraire que pour pénétrer dans cette stratosphère de la caste dominante, il me fallait changer de valeurs… J’ai mis trois quart de siècle à le comprendre, à gâcher la vie de pauvres enfants qui n’avaient pas décidé de m’avoir pour père, à pourrir la vie de ceux qui méritaient un luxe que j’ai été totalement incapable de leur donner…
M’en voudront-ils ? M’aimeront-ils quand même ?
J’ai honte de ma vie, parce que j’ai honte de cet échec continuel face à la réussite, que j’attendais comme récompense, mais qu’en fait on acquiert par combines, malhonnêtetés, « fayotage »… « Léchage de cul » : Voilà ce que disais mon moi profond, d’un air dégoûté… Alors que c’était le principal instrument de la réussite de ceux qui s’en donnent la peine.
Alors chaque jour et même chaque nuit, tous ces épisodes d’échecs, de ratage, de mauvais choix, me reviennent en pleine figure. J’en suis au point que la vie me pèse avec ce fardeau continuel de regrets et de remords… A quoi sert de faire ceci, de faire cela ?… A quoi bon ?
Plus à rien ! La vie vaut-elle vraiment d’être vécue ? Comment ai-je pu être aussi surmotivé pour nourrir ma couvée, au point d’en arriver à l’AVC et au burn-out final ?
Je ne sais pas, mais j’aurais du savoir ! Je suis un être insuffisamment intelligent… Mes 108 de QI, ne sont pas représentatifs d’imagination de de raison, mais seulement de capacités à résoudre des problèmes techniques complexes…
Ça m’a fait une belle jambe !












































