dimanche 24 novembre 2013

2040, Retour dangereux



Je suis éveillé en sursaut par le passage des avions de l’axe.
Je range mes affaires à la hâte et j’enfile mon harnais avec tout son équipement.
Je nettoie mon MiniMI, j’enclenche un chargeur et je me mets en route.

Je dévale les pentes abruptes et je gravis des sentiers escarpés. La respiration haletante, mon cœur se met à battre plus fort lorsque j’entends les bruits sourds des bombardements au loin. Avec l’écho, il est impossible de distinguer la direction d’où proviennent ces explosions…
Je suppose que c’est devant moi, dans le sens où se dirigeaient les aéronefs ennemis…
J’espère seulement et égoïstement que Moissac n’est pas leur objectif…

La journée se passe en une marche forcée avec en tête un seul but : Moissac !

Je contourne des batteries de missiles et des campements de la force Européenne.
Je guette à la lunette, chaque massif avant d’en entreprendre la montée par des chemins abandonnés.
A chaque détour, je me plaque, dos à la paroi et je guette le moindre mouvement suspect.
Le chant régulier des oiseaux m’indique souvent qu’il n’y a pas d’activité humaine alentour.

Le plus dangereux, ce sont les descentes. Bien souvent, emporté par l’élan et préoccupé à ne pas chuter, je fais moins attention à l’environnement et donc au danger.
C’est pourquoi, je m’assieds à mi-pente et scrute le paysage, attentif à la moindre anomalie, puis, je repars…
Le soleil continuant sa trajectoire, je marche, treillis collé au corps par la sueur…
Puis la transpiration cesse peu à peu. J’ai soif, il me faut boire…
Au bout d’une demi-heure, un petit ruisseau traverse ma route. Je cours, me jette à plat ventre dans l’eau et je bois comme un fou…

Je m’extrais péniblement du cours d’eau, lorsque tout près de moi, le ricochet d’une balle, suivi d’une détonation, me fait comprendre que je suis repéré.
Par qui ? Peu importe ! Le tireur est sur le coteau qui me surplombe ! J’attrape mon arme et bondit en direction du tir, pour me mettre à l’abri du relief qui nous sépare.
J’entends des éclats de voix, mais ne parviens pas à comprendre. Amis ou ennemis ? En tant que déserteur, cela ne fait pas de différence !
Sortant la tête de ma cachette, je vois des silhouettes dévaler le sentier à flanc de coteau au dessus de moi. Ils me tournent le dos. Je prends la direction inverse tout en longeant les anfractuosités du schiste de cette montagne Lozérienne…

Je cours à perdre haleine. Au bout d’une heure, je m’arrête net, au bord d’une falaise.
J’aperçois à plusieurs mètres en dessous de moi un rebord. J’entreprends d’y descendre en m’agrippant comme je le peux…

Le lieu présente la particularité d’avoir une niche invisible du sommet. Quelle chance !
Je me serre au fond du trou et je vais enfin manger. Je n’ai même plus faim. Mais je sais que c’est indispensable si je préfère poursuivre ma route plutôt que de mourir épuisé…

Je crois que je les ai semés…

2040, une idée fixe qui me guide



Le petit matin me réveille par ses doux chants d'oiseaux.
Je mange ma dernière provision, puis je pars. A travers champs, à travers bois, il fait beau, en cet été de fin du monde. Je marche et pour rythmer mes pas je me mets à chanter...

L'écho de ma voix me revient par les montagnes répété. Je n'ai plus que trois ou même deux jours de marche pour retrouver ceux que j'aime.
Femme aimée, enfants chéris, pourvu que l'hydre ne vous ait pas atteint.
Pourvu que je puisse mourir avec vous, c'est mon dernier vœu. Vous revoir s’il en est encore temps. Me dépêcher, oui presser le pas…

Le nord de la France est anéanti. Anéantis toux ceux que j’aimais et aussi tous ces idiots qui pensaient pouvoir négocier leur misérable vie avec un ennemi implacable…

Je n’ai plus de pitié. Je ne sais plus ce que c’est. Je me dis que les obséquieux, les collabos se sont fait massacrer et que c’est bien fait pour eux. Qu’ils aillent rôtir en enfer !
La pitié ? Oui, sûrement, pour les innocents qui ont payé de leur vie l’incapacité de nos dirigeants qui ont fui leurs responsabilité et sont partis se réfugier en Amérique. La mort du vieux continent ne les regarde plus. Mais s’ils avaient été clairvoyants ils nous auraient évité notre triste destin.

J’ai emmené ma femme de Maubeuge à Moissac Vallée Française, avant de monter au front en Russie. Et mon rêve depuis un an, qui me soutient contre toutes les adversités, c’est de les revoir tous. Maubeuge est rasée, il n’en reste rien.
Je me demande combien de centaines de millions de morts nous avons eu.

Je pense aussi, toujours en marchant, l’œil aux aguets, que les Chinois ont subi des pertes, qu’ils sont dispersés, pour occuper et massacrer les territoire conquis, que leur lignes de ravitaillement sont très étirées et mobilisent beaucoup de leur effectif. Il n’y a peut-être plus que trente ou quarante millions de soldats ennemis qui nous encerclent…

Si les Américains pouvaient nous aider comme pendant les deux premières guerres mondiales, tout ne serait pas encore perdu…

Les toits en schiste d’un hameau au fond de la vallée apparaissent au loin dans la brume matinale…
Je contourne le village. Déjà fatigué de ma marche matinale, je cherche un abri dans des fourrés.

Je me couche et m’endors…

Aimer



Aimer, c'est bien. Cela remplit une vie...
Aimer, à mettre dans un coin au fond de sa mémoire, ses anciennes amours...

On a le cœur assez vaste pour aimer plusieurs fois. Mais il vaut mieux n'aimer qu'une seule femme à la fois.

Aimer, c'est la pensée emplie d'envie et de tendresse, qui voit passer les jours comme des papillons, légers et si fugaces...

A-t-on le droit d'en rire, ou bien est-ce sérieux ? Le secret des cœurs est bien impénétrable...

L'amitié, l'amour, la passion, que de sentiments qui se mélangent en des nuances infinies.

Apprécier quelqu'un, partager le sens de ses mots, n'est-ce pas l'aimer ?

Est-il attachement plus durable, que celui de la communauté de pensée et de parole ?

La sensualité n'est pas faite que de plaisir physique, mais aussi de la volupté des mots, des idées et des caractères qui s'accordent.

Alors qu'est-ce qu'aimer ? Je ne saurais le dire...

samedi 23 novembre 2013

2040, Adieu l’honneur, bonjour l’instinct



Le soir venu, alors que je bivouaque près d’un ruisseau, j’écris mon vécu de ce jour. Quelle connerie cette guerre. Les forces de l’Axe massacrent nos civils, nos alliés violent nos femmes et moi je tue les nôtres… Il n’y a plus de règle. Je l’ai fait car je savais que le poteau d’exécution aurait été mon destin si je ne l’avais pas fait. L’autodéfense, liée à l’instinct de survie : Je suis devenu un animal…
                 
Au front c’est moi, ou celui qui est en face. A l’arrière aussi maintenant. Mes principes, je les ai piétinés, moi aussi, comme les autres. Je fais passer l’amour de ma famille avant mes devoirs envers l’union Européenne, avant les lois édictées par mon Pays. C’est moche… J’ai tué des gens qui ont peut-être encore une famille… Je ne vaux pas mieux qu’eux. Je sais bien qu’eux n’auraient pas eu de scrupule à m’exécuter pour l’exemple, mais cela m’excuse-t-il ?

Machinalement, j’ai mis le canon de mon arme sous mon menton et déverrouillé le cran de sûreté…
Je suis seul, comme jamais j’ai été. Seul contre tous, rebelle contre l’autorité, je suis devenu un paria. Tout ce qui a fait mon idéal, s’est écroulé. J’ai tué ceux de mon camp ! Qui aurait dit qu’un jour j’en viendrais là ? Je n’ai plus qu’un avenir limité, puisque je serai attrapé un jour ou l’autre au moment où mon attention sera mise en défaut, comme cela a bien failli être le cas ce matin…

J’éclate en sanglots… Je pose mon MiniMI et je sors de mon portefeuille la photo de mes enfants et de ma femme… Je ne les ai pas revu depuis un an…Le les ai mis à l’abri dans la Vallée Française…

Je ne vais pas abandonner maintenant… Je suis à la hauteur de Saint Chely d’Apcher… Plus que 100 km à tenir, plus que trois jours…
D’une façon ou d’une autre, la mort est au bout du chemin, car les forces de l’Axe sont en train de gagner cette guerre et nous extermineront jusqu’au dernier…

Alors à quoi bon ces remords ? Épuisé, je serais incapable de ne dormir que d’un œil, cette nuit.
Je m’endors, conscient que je suis à la merci du destin. A la grâce de Dieu…

2040, le déserteur



Je descends la côte vers la vallée, empruntant les sentiers qui m’ont été indiqués.
J’arrive à une fourche. J’hésite un instant. Je prends le chemin de gauche car je pense qu’il mène plus vers le sud que l’autre.

Malheureusement les virages sont à flancs de coteaux et je n’ai pas grande visibilité. La pente abrupte m’interdit de sortir du sentier. J’enlève la sûreté de mon MiniMI et j’avance arme à la hanche, doigt sur la gâchette.

Heureusement tout se passe bien. Mais soudain à la sortie d’un tournant, apparaît une bâtisse.
Je marche en crabe sans quitter la cabane en pierre de ma ligne de tir.
Une fois fait le tour, je suis rassuré et je lâche la gâchette.
Hélas le danger arrive dans mon dos, car une voix m’interpelle en Français.

Je me retourne lentement, les bras légèrement écartés. Deux gendarmes Français et deux policiers militaires Anglais se tiennent devant moi, la main sur leur holster. La question qui m’est posée est assez inopportune et je sais que ma réponse va me valoir beaucoup d’ennuis. J’arbore alors un large sourire, je fais semblant de tomber et je fais un roulé boulé arrière, l’arme contre la poitrine.

Lorsque je me relève, devant mes interlocuteurs surpris, je tire une rafale de la gauche vers la droite. Les quatre hommes s’écroulent. Je m'avance et me baisse vers eux. Je tâte leur pouls. Deux vivent encore. Je me relève et je finis le travail. Il n’y aura pas de témoin de mon passage ici.

Je repars sans demander mon reste, au pas de gymnastique, persuadé que le bruit de la fusillade pourrait attirer d’autres visiteurs, que je ne tiens pas à rencontrer…

dimanche 17 novembre 2013

De l’origine de l’indifférence

Écrit le 02 décembre 2007

Je crois que nos hussards de la république ne sont plus ce qu’ils étaient, ne sont pas ce qu’ils devraient être et ne font pas ce qu’ils devraient faire…

Ils se plaignent d’être malmenés, non respectés
Mais ils en sont la première des causes.

Les hussards noirs de la république avaient appris à nos grands parents et à nos parents, les devoirs du citoyen, ont inculqué le patriotisme.
Maintenant, ils n’enseignent plus l’hymne national, ni l’hymne européen, ni les chants révolutionnaire qui nous ont structuré.
Ils refusent de lire la lettre de Guy Môquet

Dans le passé, nos enseignants étaient déjà majoritairement de gauche, mais une gauche qui avait à cœur d’enseigner les valeurs de la république, les valeurs de notre destin national et ce, d'une manière la plus objective possible.

Maintenant, ils sont toujours de gauche. Mais la gauche a changé. Leurs valeurs sont davantage tournées vers la liberté individuelle, le laisser faire. Ils sont de plus, marqués par une idéologie déviante qui n'a plus rien d'objectif, mais qui marque une obsession à casser la société qu'ils exècrent au lieu de la consolider !
Ils n’enseignent pas la Marseillaise, parce que cela fait Nationaliste, Lepéniste, fasciste !
Être fier d’être Français, n’implique pas d’être nationaliste. Mais allez expliquer ça à des gens qui ont une idée toute faite sur la vie, à des gens qui sont imbus de leur métier et à l’abri des aléas de la vie de par leur fonctionnariat, à des gens qui trahissent et qui ont peur.

La seule façon d’unifier les Français, c’est dès la petite école, de leur réapprendre que nous appartenons à une Patrie au destin glorieux et de plus à l’Europe, qui est notre devenir collectif et fraternel, à condition toutefois que nous apprenions à l'Europe ce que sont les valeurs d'une patrie.

Il faut ré-enseigner, la morale, l’histoire, les hymnes patriotiques qui fondèrent notre République, si on veut commencer, à réduire la fracture sociale.

Le jour où les enfants auront pleine conscience de ce que signifient : Amour de la patrie, Liberté, Égalité et Fraternité, je crois que l’on pourra enfin songer à un avenir commun collectif, à une volonté d’entraide, à une générosité spontanée, à une ouverture vers l’autre…

Mesdames et Messieurs les enseignants, vous faites fausse route, en croyant qu’abandonner ces vieilles valeurs va améliorer la société. C’est tout le contraire.
Votre négationnisme, votre anarchisme, votre progressisme venu d'outre-atlantique tout à fait déplacé dans notre pays, vos préjugés imbéciles, votre indolence conduisent à l’égoïsme, l’individualisme, l’indifférence, au communautarisme et au libéralisme.

Par votre attitude, vous faites le lit de ce libéralisme qui est une forme extrême du capitalisme, que vous refusiez, pourtant, naguère.

Vous êtes par votre quasi absence en classe, les collaborateurs de cette mondialisation financière et de cet envahissement barbare, qui va tous nous broyer…

Professeurs, je ne vous fais pas mes compliments…
   

Ces gens "de peu"

Écrit le 13 mars 2008

Ces gens de peu, que tout le monde méprise, ces gens de peu, dont le travail est avilissant pour ceux qui se sentent supérieurs, ces gens de peu, qui pour la caste des nantis, ne méritent même pas ce qu'on leur "donne", ces gens de peu, et bien moi, je les aime.

Ces gens de peu, ce sont les gens qui vous torchent le cul, qui nettoient vos rues, qui couchent dehors, qui font des travaux les plus pénibles, pendant que vous digérez devant la télé. Ce sont des personnes qui reçoivent un salaire de misère, qui ont des aides de misère, qui ont des allocations de misère et qui doivent parvenir jusqu'à la fin du mois.

Ces gens de peu, quand il vous parlent, quand vous leur donnez la parole, vous vous apercevez, si vous n'êtes pas trop con, qu'il sont intelligents, souvent très intelligents.
Quand ils s'expriment, vous voyez, si vous n'êtes pas trop con, qu'ils ont un coeur, un coeur immense, plein de charité, plein d'attente, plein d'abnégation, plein d'envie de vous rendre service, plein d'amour de leur prochain.

Ces gens de peu, qui possèdent si peu, ont plus de coeur que tous les nantis que nous sommes.
Cens gens de peu ont plus de sentiment dans leur yeux, que dans les yeux de tous les technocrates de la planète.
Écoutez-donc, ces gens de peu. Avec eux, nous aurions pu construire un monde social, un monde mutuel, un monde d'entraide, un monde coopératif, un monde humain.

Mais non. Le monde veut évoluer vers les ténèbres de l'égoïsme, de l'individualisme, sans pitié, chacun pour soi.

Ce monde se compose petit à petit d'individus sans richesse intérieure, sans bonté, sans désir, à part celui du lucre, du pouvoir, de la puissance, de l'argent.

Alors, je me dis, où sont les gens de peu ?

Les gens de peu ne sont pas ceux que l'on croit.

Pour moi, les gens de peu et je dirais même, les gens de moins que rien, sont ces êtres que notre société libérale est en train de former. Des robots, décervelés de la partie affective. Des êtres arrogants, vénaux, égoïstes, vantards, assoiffés du sang de ceux qu'ils ont peur de regarder, des êtres inhumains, dans un monde inhumain.

Ce sont eux, nous, si nous n'y prenons garde qui devenons les gens de peu, les bêtes aux instincts primaires, sans comportement social, contrairement à beaucoup d'espèces animales.

Nous devenons les animaux les plus primitifs du règne animal.

Les petites gens, ne sont vraiment pas des gens de peu. Ce sont eux les vrais méritants, dans ce monde qui vacille.
Ils sont les victimes d'un système qui broie l'humain.
La dictature de l'homme par l'homme, n'a jamais été aussi forte qu'en ce moment, sous des formes il est vrai, très différentes des dictatures du passé.

Mais rassurez-vous, ceux que vous qualifiez de "gens de peu", vous en ferez bientôt partie.

Alors un conseil, ne les appelez plus des "gens de peu" et commencez à les prendre en considération...
   

Libéralisme soit disant fatal et bon ?



J'ai toujours affirmé que le libéralisme avait besoin de limite et de réglementation...

Il y a quelque temps tous les technocrates, politiques et économistes, disaient "qu'il ne pouvait y avoir de démocratie sans libéralisme", "ni de libéralisme sans démocratie"...

Quand on considère la Chine, la Russie et bien d'autres, ont voit bien que la deuxième assertion est complètement fausse.

Il se trouve maintenant quelques économistes et quelques politiques pas plus doués pour avouer qu'ils se sont trompés et qu'effectivement il peut y avoir du libéralisme débridé, sans pour autant qu'un pays soit démocrate (tyrannie de gauche ou de droite)... Ils y ont mis le temps, comme quoi les idéologies ont la peau dure.

En effet les dirigeants des pays marxistes, et il faut relire  le "capital", s'accommodent fort bien des ravages du capital, pour peu que cette perversion de leur dogme, leur permette de se maintenir au pouvoir et par la même occasion de s'en mettre plein les fouilles...

Bon, il reste l'autre assertion de nos "grosses têtes" pleines de vide de l'ENA et autres technocrates élevés à la tétine de l'égoïsme aveugle : "il ne pouvait y avoir de démocratie sans libéralisme"...

Ils font un amalgame entre les échanges d'objets qui ont eu lieu de tous temps et le libéralisme...

Depuis les premiers hommes, il y a eu deux types d'activités concomitantes : l'entraide et le troc.

Ces messieurs veulent gommer l'entraide et assimilent le troc au libéralisme. Non ! Un homme des cavernes échangeait un objet contre une contrepartie qui se définissait à l'usage et non pas par rapport à la "loi de l'offre et de la demande" ni au "prix du marché".

Alors je dis : Oui, la démocratie existe, si elle autorise la libre entreprise, mais avec des garde-fous sociaux, économiques, législatifs, fiscaux...

Laisser faire sans rien dire n'est pas du tout l'apanage d'une démocratie.
Si les puissances de l'argent dictent leurs lois, ce n'est plus le peuple qui tient son destin. On a affaire dans ce cas à une "capitalocratie".


Donc, la seule et dernière assertion de ces messieurs bien pensants est également fausse.
 
Écrit le 27 mars 2008
      

Une histoire d'amour n'est pas toujours simple



2008 :

Une histoire d'amour n'est pas toujours simple.
L'amour que l'on voudrait infini, éternel, n'est que ce qu'en fait notre égoïsme.
Tu m'as encore agressé verbalement hier et aujourd'hui.
Tu t'en rends compte et tu t'élances vers moi, tes bras autour de mon cou pour me demander pardon...
Je t'explique qu'il ne faut pas reporter ton stress sur moi en m'agressant, car ce que tu fais, maintenant chaque jour, m'éloigne peu à peu de toi. Tu as beau t'excuser le soir, tu me pourris la vie toute la journée et je ne le supporterai pas longtemps.

Je prends sur moi, oui, mais pour cinq minutes de bonheur, tu me procures une journée de cafard, d'idées noires, d'envie de quitter ce monde...
Alors globalement, être avec toi, est plus démoralisant que d'être seul.

Voila au bout de ces années, ce qu'est devenue notre histoire d'amour, qui avait pourtant commencé comme un conte de fée...

Je vais tâcher d'avoir encore un peu de patience.
Pour moi, c'est tellement naturel d'aimer, mais sans réciprocité, je ne tiendrai pas...

2016 :

Je ne supporte plus tes principes arriérés et imbéciles, ton entêtement, tes reproches, ta méchanceté, tes agressions continuelles de petit roquet hargneux, tes perpétuelles et incessantes sautes d'humeur, ta paranoïa, tes crises de jalousie, tes troubles obsessionnels compulsifs, ta Syllogomanie, ton look de clodo...

L'un de nous est de trop dans cette maison. Je souhaite souvent que tu crèves avant moi, afin que je puisse être tranquille. Je pourrais débarrasser la maison de tous les amoncellements inutiles et transformer en écrins, les pièces laissées en plan depuis 28 ans...
Si cela pouvait se réaliser, je pourrais enfin ne plus vivre dans un taudis et recevoir les amis et la famille que, par honte, je dissuade actuellement de venir...

Mais si je pouvais savoir que c'est toi qui me survivras, je souhaiterais clamser le plus tôt possible... pour être heureux dans l'au-delà...
       

Divagation sur l’humanité



Je me réveille seul comme à l’aube de la fin du monde. Cela est bien pompeux comme formule. Mais c’est la seule que je trouve pour expliquer ces vertiges, cette absence de force, cette impuissance à agir, comme proche d’une fin programmée.
Café, avec médicaments, puis je m’affale devant un Yves Coppens plus philosophe que jamais sur Arte…
Il pense que l’humanité n’a pas à rougir de ce qu’elle a fait. Il dit qu’il est normal que l’humain ait fait ces gigantesques progrès en s’emparant du monde, c’est dans l’ordre des choses…
Il dit aussi que l’avenir de l’humanité, ne sera plus individuelle, mais collective…

En effet si l’humanité veut un avenir, il ne peut être que collectif.
Comment pourrait-on assurer l’avenir de l’humanité, si celle-ci continue à s’autodétruire ?
Le libéralisme forcené devra céder la place à un collectivisme raisonné, planifié, humain…
Comment le collectivisme pourra-t-il se développer et gagner la planète, alors que tant d’avidité, de cruauté, d’individualisme, de cynisme gouvernent le monde ?

Je pense à tous ces pays en guerre, où le machiavélisme de certains a déclenché une haine de l’autre. Je pense à nos pays vivants en paix, mais dont l’équilibre est si précaire. La moindre explosion de haine, risque à tout moment de mettre le feu à un communautarisme et à la guerre civile.

Je pense à tous ces intérêts géostratégiques, qui déclenchent les famines et les misères les plus sordides, face à la richesse insolente de certains.
Je pense à l’égoïsme dont nous faisons tous preuve… Comment pourrons-nous changer le destin apocalyptique de la terre ?

Je pense à ces évènements du présent, pires que ceux du passé. On parvient maintenant à tuer plus de gens sans leur faire la guerre, en détruisant les sols nourriciers, par le seul esprit de lucre.
Que de courage pour rien. Que d’énergie déployée pour crever comme des chiens…
Le monde n’en a rien à faire et les mieux pensants ont autre chose à penser…

Je remonte dans le passé… Celui que je connais, parce que je l’ai vécu.
Le courage ne sert à rien. La lucidité ne sert qu’à s’empoisonner la vie. Les gens qui ferment les yeux et se laissent mener à l’abattoir, ont au moins l’avantage de ne s’apercevoir de leur fin imminente qu’au dernier moment.

Que pense-t-on sous le feu de l’ennemi ? Comment m’en souvenir ? Ai-je pensé à la peur, à la mort ? D’ailleurs doit-on y penser ? Non. Si on pense à la peur, on risque d’y céder. Si l’on cède à la peur, on est mort. Je n’ai pas pensé à la mort. J’avais cette chance inouïe, d’avoir des armes à ma disposition. Ce n’est pas le cas des civils. Que peut-on endurer quand on n’a rien pour se défendre et qu’on attend la mort et celle de ceux qu’on aime ?

La Shoah existe dans de nombreux endroits du monde. Cette horreur que nul ne peut décrire. Elie Wiesel lui-même, ce Transylvanien réchappé des camps de la mort, avoue ne pas avoir su parler de l’holocauste, parce qu’il n’est aucun mot pour en parler.
Il est des monstruosités engendrées par l’espèce dite humaine, dont nul humain n’a inventé la façon de les décrire. Notre haine et notre monstruosité sont plus fortes que la description que l’on peut en faire…

Comment, dés lors, attendre une évolution généreuse de l’humanité ?

Pauvres vies



Pauvres vies, pauvres êtres, demandant au ciel ce que la vie refuse. Pauvres hères, asservis aux passions dévorantes.
Pauvres créatures en fusion de volupté, mais aux cœurs secs, ne comprenant pas que l’amitié se mérite.
Pauvres amis sincères trompés par l’apparence des mots.
Pauvres vies en sursis dans le silence assourdissant de l’égoïsme.
Pauvres cyniques aux appétits féroces, jamais repus de dévorer leurs semblables et qui finiront dans les affres de l’enfer.

L’humaine condition est la pire qui soit, porteuse de la mort et du néant.

Devenir un adulte

Écrit le 16/12/2008

Devenir un adulte, n'est hélas pas que l'aboutissement intellectuel et physique de l'enfant. Il est malheureusement, la prise de conscience, qu'il lui faut se conformer à des us et coutumes, à des attitudes, à des mentalités, à des renoncements qu'il voit autour de lui...

Il copie les autres adultes, dans leur égoïsme, dans leur hypocrisie, dans leur lâcheté...
Mais aussi il peut s'identifier à des personnes exemplaires, ou bien à des héros remplis de bons sentiments... C'est pourquoi les parents se doivent d'enseigner le bien et le mal à leurs enfants. Ce sont des acquis parfois assez solides...

Écoutons, les propos de quelqu'un qui se jette à la Seine et sauve un candidat au suicide...
Il déclare à chaque fois, que c'est normal, que c'est pas juste de laisser la personne se noyer. Bien souvent, on ne retrouve pas ces anonymes, car dès que les secours sont là, ils sont partis...
Quand on en identifie un, la collectivité trouve cela tellement extraordinaire, qu'elle le médiatise, le temps d'un jour...
Il est vrai, pour ce monde d'adultes, que ce comportement relève de la part d'idéal venue de l'enfance, que certains préservent en eux...

Ne vaudrait-il pas mieux rester enfant toute sa vie ??
  

La société du néant

zalandeau,  le dimanche 17 mai 2009

Pourquoi écrire sur la société et ses dérives ? Pourquoi dénoncer une régression dont tout le monde se fout ? Pourquoi se révolter contre un obscurantisme que chacun subit ?
 Le monde s’occupe de ses petits problèmes personnels. Le monde n’aime pas risquer le chômage. Le monde n’aime pas qu’on modifie son statut. Le monde n’aime pas que les prix augmentent. Le monde n’aime pas qu’on lui parle des problèmes des autres. Le monde n’aime pas qu’on le dérange dans son égoïsme. Le monde n’aime pas qu’on bouscule ses certitudes.

Il vaut mieux dés lors, prendre la dimension de l’indifférence individualiste de la société.
Il n’est plus de valeur commune, de ces grands principes qui unissaient autrefois un peuple autour d’idéaux partagés.

Pour obtenir le consensus, il convient de parler à chacun de ses problèmes particuliers. Il faut émouvoir 64 millions de Français sur leur propre situation, car celle du voisin, ils s’en fichent.

Cette société de l’indifférence, peu importe qu’elle soit née du culte de la consommation et de la performance individuelle, peu importe son origine, puisqu’elle est hélas devenue ainsi.
Le grand problème est qu’une société qui n’a pas d’idéal ni d’identité n’a pas de cohésion sociale. Quelles valeurs pourrait défendre un peuple qui n’a plus de valeurs ? Sa fragilité en fait la proie de tout prédateur. La société pouvait-elle reprocher son égotisme au souverain du règne précédent, alors qu'elle-même ne pense qu'à elle ? Sa division la rend vulnérable à la soumission. N'a-t'elle pas les dirigeants qu'elle mérite finalement ? Cette société non existante en tant qu’entité identitaire est dans un processus de décadence et proche de sa disparition.

Alors pourquoi, tenter d’éveiller des consciences qui se veulent fermées ?
Ces vaines tentatives sont vouées à l’échec, comme cette société est vouée au néant.

A quoi sert la philosophie ?


Tout le monde sait que 330 000 bacheliers planchent chaque année sur leur première épreuve de baccalauréat : la philosophie…

Mais je pense qu’un seul sujet devrait être posé à cet examen : « A quoi sert la philosophie ?».

Je sais pour ma part à quoi sert la philosophie… Ou du moins je croyais le savoir… Et il me semble, que concrètement je ne le sais plus… Cette sagesse tournée vers un objet unique, l’humain, qui est une virtualité de la période scolaire, que devient-elle ensuite ?

Lorsque je pense que tous les traders, tous les banquiers, tous les politiciens, tous les dirigeants, ou presque, ont fait de la philosophie au cours de leur cursus, je me demande ce qu’il en reste ?

Lorsque je vois des philosophes comme André Glucksmann et bien d’autres adhérer au dogme antisocial Sarkozyste, je me demande vraiment s’il faut encore enseigner la philosophie ?

Tous ces « éduqués » ont appris la philosophie, pour finalement aboutir à adorer le seul dieu argent, pour renier la valeur humaine, pour adhérer à l’égoïsme cumulard, à la négation des intérêts vitaux des peuples et de la planète, pour sacrifier le progrès à l’obscurantisme ?…

Non, ce n’était pas cela la philosophie…
Ou alors, je n’ai pas appris la même.
Ou bien, ils ont bien changé ces assoiffés d’absolu, ces maoïstes, ces soixantehuitards, dont les idéaux ont sombré dans la facilité d’une vie de bourgeois bohèmes, aux préoccupations intéressées par leur seul devenir subjectif et non plus par l’intérêt collectif ni la vision objective du monde…

Oui, le vrai sujet était là… Mais nul n’a osé le poser…