VIDAL - Mis
à jour : Jeudi 06 février 2020 (Accès libre et gratuit)
Peut-on prévenir le diabète de
type 1 ?
On ne connaît pas
de moyen pour prévenir l'apparition d'un diabète
de type 1. Des études en cours cherchent à évaluer l'efficacité d'un vaccin destiné à empêcher l'action destructrice des
cellules de l'immunité sur le pancréas. Si le
rôle d'une infection virale ou bactérienne est confirmé, il est probable que
des essais cliniques chercheront à évaluer si une vaccination contre cette
infection peut prévenir l'apparition du diabète
de type 1.
Comment diagnostique-t-on le diabète de
type 1 ?
En présence de symptômes évoquant un diabète
de type 1, le médecin prescrit des analyses de sang. Le diagnostic se fait en mesurant le taux sanguin de
glucose (glycémie), ainsi qu’en recherchant la
présence de sucre et de corps
cétoniques dans les urines. Le diagnostic
peut être confirmé par des examens complémentaires : recherche d’anticorps dirigés contre les cellules bêta du
pancréas, mesure du taux sanguin d’hémoglobine
glyquée, mesure de la réaction du corps après l’administration de sucre par voie orale,
etc.
Lorsqu'un diabète de type 1 est diagnostiqué, une
hospitalisation est systématique pour faire un bilan complet, mettre en place
un traitement à l’insuline
adapté et débuter un processus d’éducation thérapeutique afin que le patient
apprenne les principes de sa prise en charge : traitement, alimentation,
activité physique, etc.
Parmi les examens
systématiquement réalisés lors des visites médicales en milieu scolaire ou
professionnel, la recherche de sucre dans les
urines (à l’aide d’une bandelette) est destinée à dépister les cas de diabète non diagnostiqués.
Que faire en cas de diabète de type 1 ?
Lorsqu'un
diabète de type 1 a été diagnostiqué et
stabilisé par un traitement, certaines habitudes permettent de réduire les
risques de complication.
Informez-vous
Le patient
diabétique est le premier acteur de sa santé. Mieux il connaît sa maladie,
mieux il saura adopter les gestes qui en minimisent les conséquences. De très
nombreux documents d'information sur cette maladie sont disponibles auprès des
médecins, des associations de patients, des laboratoires pharmaceutiques ou en
librairie. Des programmes d'éducation sur le diabète
destinés aux patients sont proposés dans certains hôpitaux (dans le cadre des
hospitalisations de jour) et par des réseaux locaux de professionnels de santé
(médecins, infirmières, diététiciennes, pédicures-podologues, etc.).
Renseignez-vous auprès de votre médecin ou auprès des associations de
diabétiques.
Equilibrez votre alimentation
L'adaptation
des habitudes alimentaires est un élément important de la prise en charge
du diabète de type 1. En effet, elle permet à
la fois de mieux contrôler le taux de sucre
dans le sang, d'éviter une prise de poids excessive et de prévenir les
complications cardiovasculaires de la maladie.
Bougez
Associée à un
régime alimentaire, l'activité physique a un effet bénéfique
sur le diabète car elle contribue à éviter la
prise de poids et à prévenir les complications cardiovasculaires. De plus, elle
permet souvent de diminuer les doses quotidiennes d’insuline.
Les médecins
conseillent généralement aux personnes atteintes par cette maladie une activité
physique d’intensité moyenne (20 à 30 minutes, au moins trois à cinq fois par
semaine). Les pratiques physiques et sportives d'intensité moyenne et de longue
durée (marche, cyclisme, ski de fond, randonnée, escaliers, etc.) sont
particulièrement indiquées. Pendant cette activité, maintenez un bon niveau
d’intensité : vous devez pouvoir continuer à parler en vous exerçant, mais
chanter doit être impossible ! Si vous pouvez chanter, augmentez l’intensité ;
si vous ne pouvez pas maintenir une conversation, ralentissez.
Il est important
de vérifier son taux sanguin de glucose (glycémie)
avant et après l’activité physique ou sportive, ce qui permet d’adapter
l’alimentation et le traitement par l’insuline.
En règle générale, les périodes d’activité physique doivent être suffisamment
éloignées des injections d’insuline pour
réduire le risque d’hypoglycémie. Bien sûr,
lorsqu’on pratique une activité physique ou sportive, il est important de
garder sur soi des aliments sucrés au cas où une hypoglycémie
surviendrait. Attention, celle-ci peut survenir plusieurs heures après la fin
de l’exercice.
La pratique d’un
sport ou d’une activité physique doit être évitée pendant un épisode d’excès de
sucre dans le sang (hyperglycémie).
En effet, dans ces conditions, le corps va puiser l’énergie nécessaire dans les
graisses du corps (acides gras) et cela expose
au risque d’acidocétose
potentiellement dangereuse. Dans le doute, il est possible de rechercher les
corps cétoniques dans l’urine à l’aide d’une bandelette urinaire. La présence
de ces substances dans les urines contre-indique l’activité physique ou le
sport.
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Sport
et diabète de type 1
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Le
sport est tout à fait possible pour les personnes diabétiques de type 1. Les
premières années qui suivent la découverte de sa maladie, un diabétique de
type 1 peut pratiquer, sur avis médical, n’importe quel sport et même faire de
la compétition de haut niveau. Les seules contre-indications absolues sont
les sports où la perte de connaissance induite par une hypoglycémie serait catastrophique : plongée,
escalade, vol libre, etc.
Pour pouvoir pratiquer sans danger, le diabétique de type 1 sportif doit
avoir un diabète bien contrôlé
par les injections d'insuline
et bien connaître les réactions de son corps face à l’effort. En effet, pour
maintenir un taux de sucre sanguin suffisant,
il doit prévoir la dépense énergétique liée à son effort. Il peut ainsi
adapter son alimentation et la dose d’insuline
à s’injecter. De plus, pendant le sport, il est généralement recommandé
d'injecter l'insuline à distance des muscles
qui travaillent pour éviter qu'elle ne soit trop rapidement absorbée. Comme
toujours en cas de diabète, et encore plus
lors de pratique sportive, il est important de garder sous la main des
boissons ou des aliments sucrés. Cela permet de faire face à une éventuelle
baisse brutale du taux de sucre dans le sang
et d’éviter de perdre connaissance.
Les crises d’hypoglycémie sont plus
fréquentes lorsqu’on pratique un sport qui sollicite les jambes de façon
intense et prolongée : cyclisme, course, randonnée, etc. Parce que l’hypoglycémie peut survenir plusieurs heures après
la fin de l’exercice, il est parfois conseillé de prendre une petite
collation avant de se coucher afin de prévenir une éventuelle hypoglycémie pendant la nuit.
A partir de 40 ans, les personnes diabétiques qui souhaitent commencer à
faire du sport doivent toutefois le faire après avoir effectué un bilan
cardiovasculaire. En effet, chez les personnes souffrant de maladies
du cœur et des vaisseaux, le sport pourrait provoquer des crises d’angine de poitrine ou un infarctus. D’autres
complications liées au diabète (hypertension,
hémorragie de la rétine,
présence de protéines dans les urines, insensibilité des extrémités, etc.)
doivent également être dépistées sous peine d’être aggravées par une pratique
sportive inadaptée.
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Prenez soin de vos pieds
Les plaies du
pied, chez le diabétique, sont à la fois dues à la perte de sensibilité et aux
lésions des petits vaisseaux sanguins. Souvent provoquées par des traumatismes
mineurs (frottements sur la chaussure, marche pieds nus, petites blessures),
elles présentent un risque élevé d'aggravation rapide et d'infection pouvant
parfois conduire à l'amputation d'une partie du pied.
Si vous n'avez pas
de plaie au niveau des pieds, il vous suffit d'avoir une bonne hygiène. En
revanche, si vous êtes sujet à ce type d'ulcération,
inspectez vos pieds tous les jours à la recherche de lésions que
vous n’auriez pas senties. Si votre embonpoint ou un manque de souplesse vous
gênent, utilisez un miroir pour inspecter le dessous de vos pieds.
Quelques conseils
à suivre :
- Évitez de marcher pieds nus et prenez garde aux
coupures.
- Lavez vos pieds tous les jours à l'eau tiède avec
un savon doux. Prenez soin de contrôler la température de l'eau avec la
main si la sensibilité à la chaleur de vos pieds est diminuée.
- Séchez vos pieds correctement, en particulier
entre les orteils.
- Utilisez éventuellement une crème hydratante
formulée pour les pieds permettant ainsi d'atténuer la sécheresse de la
peau.
- Attendez qu’ils soient bien secs pour mettre des
chaussettes propres, de préférence en fibre naturelle (coton, laine,
etc.).
- Ne portez que des chaussures confortables et à
votre taille.
En cas de blessure
:
- Rincer la plaie à l'eau claire,
- Désinfectez à l'aide d'une compresse stérile et
d'un désinfectant incolore,
- Appliquez un pansement sec (sparadrap
microporeux, compresse stérile).
Votre médecin
examinera régulièrement vos pieds. Pour évaluer la sensibilité des nerfs, il
utilise un fil de nylon relié à un dispositif rigide (test au
monofilament de Semmes-Weinstein) : il applique le fil en trois
endroits de la plante du pied (pulpe du gros orteil, base des orteils) et vous
demande si vous percevez la pression du fil.
Prenez soin de votre peau
Lavez-vous à l'eau
tiède avec un savon doux et protégez votre peau à l'aide d'un écran solaire.
Prenez soin des coupures
et des égratignures, nettoyez-les et recouvrez-les d'un pansement.
Consultez votre médecin lorsque des coupures cicatrisent trop lentement ou
qu'une infection apparaît. Assurez-vous que votre vaccination
contre le tétanos est à jour.
Prenez soin de vos yeux
Les troubles
oculaires provoqués par le diabète peuvent
mener à la cécité. Il importe donc de consulter
un ophtalmologiste au moins une fois par an.
Prévenez les maladies du cœur et des reins
Faites surveiller
votre tension, consultez votre médecin en cas d'essoufflement anormal, de
fatigue durable ou de douleurs dans la poitrine à l'effort. Si nécessaire,
assurez-vous de bénéficier d'un bilan lipidique et d'un électrocardiogramme
au moins une fois par an, ainsi que d'une recherche de protéines dans les
urines (microalbuminurie ou albuminurie) pour contrôler l’état de vos reins. Tous
ces examens sont prescrits par votre médecin qui établira un récapitulatif
annuel avec vous.
De plus, lorsqu’on
est diabétique, il est préférable de ne
pas fumer. Le tabac augmente considérablement le risque de souffrir de
complications cardiovasculaires.
Ne vous soignez pas seul
Si vous souffrez
de diabète de type 1, attention à l'automédication ! En effet, de nombreux médicaments,
compléments alimentaires et plantes (fenugrec, ginseng, nopal, orange amère,
etc.) peuvent interférer avec votre traitement et provoquer des baisses
soudaines du taux de sucre dans le sang (hypoglycémie), potentiellement dangereuses. Avant de
prendre un produit de ce type, demandez l'avis de votre médecin et de votre
pharmacien.
Quel est le traitement du diabète de type 1 ?
Le traitement du diabète de type 1 repose sur l’injection d’insuline, une alimentation équilibrée, et la pratique
d'une activité physique régulière. Son objectif est de maintenir le taux
sanguin de sucre dans les valeurs normales, de
prévenir les complications et de maintenir un poids raisonnable. Son efficacité
est mesurée en suivant régulièrement le pourcentage d'hémoglobine
glyquée dans le sang, une forme particulière d'hémoglobine.
Un soutien psychologique est prescrit lorsque le besoin s'en fait sentir.
Les traitements médicamenteux
Le traitement du diabète de type 1 repose sur l'administration d'insuline
par injection sous-cutanée (sous la peau).
Contrairement au traitement du diabète de type
2, les médicaments antidiabétiques oraux (pris
par la bouche) n'ont pas d'efficacité démontrée dans le diabète de type 1. Récemment, une insuline destinée à être inhalée a été commercialisée
aux Etats-Unis, mais elle a depuis été retirée du marché.
Les conseils hygiéno-diététiques
Deux éléments
essentiels du traitement du diabète de type 1
sont une adaptation
des habitudes alimentaires et la pratique régulière d'une activité
physique. Lorsqu'un traitement ne semble pas suffisamment efficace, ces
deux paramètres sont évalués et éventuellement corrigés avant de songer à
modifier le traitement médicamenteux.
L'éducation thérapeutique
Lorsqu’une personne
reçoit un diagnostic de diabète de type 1, elle est systématiquement
hospitalisée pour mettre en place le traitement. Cette hospitalisation lui
permet également d’apprendre à prendre en charge son traitement dans tous ses
aspects : auto-injection de l’insuline,
autosurveillance de la glycémie, adaptation de
l’alimentation et du traitement à l’activité physique, etc. L’éducation
thérapeutique est assurée par l’ensemble de l’équipe soignante : médecins,
infirmières, diététiciennes, etc. Elle concerne le patient mais également ses
proches (parents, conjoint, etc.).
Cette démarche
éducative est essentielle et elle doit être régulièrement entretenue tout au
long de la maladie. En effet, les séances d’éducation thérapeutique sont
personnalisées et permettent d’identifier et de corriger des lacunes de savoir
qui pourraient avoir un impact négatif sur le traitement et l’évolution de la
maladie. De nombreuses études ont confirmé que les personnes diabétiques qui
suivent régulièrement des séances d’éducation thérapeutique parviennent à mieux
contrôler leur glycémie que celles qui n’en
bénéficient pas.
La prise en charge psychologique
Le diabète est une maladie chronique qui impose des
contraintes tout au long de la vie, au patient comme à ses proches. Pour un
meilleur suivi du traitement et un meilleur contrôle de la glycémie à long terme, il est essentiel qu'un soutien
psychologique soit assuré lorsque le besoin s'en fait sentir. Pouvoir parler de
ses difficultés ou de son sentiment de ras-le-bol contribue à réduire le stress
(qui semble avoir des effets négatifs sur le contrôle de la glycémie).
Le suivi de l'efficacité du traitement
Chez les patients
diabétiques, on évalue l'efficacité des mesures mises en œuvre en suivant
régulièrement le pourcentage d'hémoglobine
glyquée dans le sang (HbA1c, une forme d'hémoglobine sur laquelle des molécules de sucre sont fixées). Le taux sanguin d'HbA1c reflète
le taux de sucre dans le sang pendant les six
dernières semaines. Une personne qui ne souffre pas de diabète a un taux d'HbA1c inférieur à 5,5 %.
Chez un patient diabétique de type 1, le taux d'HbA1c à maintenir est fixé à
7 % chez les adultes et à 7,6 % chez les enfants.
Les autres mesures thérapeutiques
La prévention des
complications cardiovasculaires liées au diabète
de type 1 peut nécessiter la mise en place de traitements spécifiques : contre
l'excès
de cholestérol et contre l'hypertension
artérielle, en particulier. De plus, l'arrêt
du tabac est fortement recommandé aux personnes diabétiques afin de réduire
le risque de maladie cardiovasculaire.