mardi 13 août 2019

14 juillet et radoteur


Et puis merde ! Ils sont devant moi, dans la petite lucarne. Alignés au garde-à-vous, ils disent aux journalistes qu'ils ont choisi leur métier, que c'est leur vocation...

Ai-je choisi ? Ai-je exercé ma vocation ?...
Certes j'ai choisi, mais j'ai toujours mal choisi. Je n'ai pas exercé ma vocation. Car, je crois que j'ai eu une vocation, mais ne l'ayant pas réalisée, je ne le saurai jamais.

En fait, pour les grands carrefours de ma vie, j'ai très mal choisi. Je me suis laissé influencer, beaucoup trop influencer, par des gens plus vieux que moi et dont je pensais que l'expérience était bonne conseillère...


Mais depuis, je sais que c'était bien souvent des cons et que je n'aurais pas du les écouter. J'ai appris depuis, que certains n'apprennent rien avec l'expérience.

Les jeunes n'écoutent pas les conseils et ils ont raison : Les conseils sont bons à donner, mais pas bons à prendre.

Mais quand c'est moi qui donne des conseils, j'aimerais qu'ils soient écoutés. Étrange paradoxe !

Il faudrait quand on est jeune, savoir quels conseils écouter et lesquels ne pas écouter. Mais cela signifierait que l'on a de l'expérience. Or, quand on est jeune, on n'a pas d'expérience...

C'est pour cela que la jeunesse est l'action avec tout ce que cela comporte de bon et de mauvais, d'héroïsme et de bêtise, de force et de fragilité...

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Finalement, si je recommençais, je ferais très exactement ce que j'aurais du faire, sans me laisser influencer. Mais on ne recommence pas, sauf s'il existe une réincarnation. Mais je n'y crois absolument pas. Il y a peut-être, ça je le pense intensément, une vie après la mort, dans un autre monde, une existence immatérielle de rédemption, mais sans action, sans choix, sans carrière, sans haine, sans instinct...

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Putain ! Quel est le vieux radoteur qui a écrit ces conneries ?


lundi 12 août 2019

Mémoires et radotages (222) – Le dogmatisme Macroniste contre les citoyens


Écrit le 07 août 2019 

Il n’y a plus de confiance en France. Ceux qui, lucides, n’ont pas attendus les manifs des gilets jaunes ni les homards de deRugy, le savaient déjà. Le soupçon pèse de plus en plus sur la gent politique et plus particulièrement sur celle au pouvoir.
Quand l’un d’entre eux parle, on se demande à chaque fois s’il n’est pas instrumentalisé par les puissances financières.
Le seul lien qui faisait le ciment de notre république, était le bien commun.
L’excès de soupçon qui traverse la société vient du constat toujours renouvelé, semaine après semaine, que certains intérêts privés s’approprient ce bien commun dont l’état devrait être le garant devant la nation.
Chaque nouvelle décision, chaque nouvel acte politique, se fait contre le bien commun mais pour des intérêts catégoriels, qui savent peser plus lourd, parce qu’ils sont bien en cour du Roy, dont la république n’aurait que faire si la constitution ne lui permettait tous les abus, au nom d’une élection, véritable farce, dont le peuple est la victime à chaque fois.

Comment dès lors, ne pas constater parmi les citoyens, emplis de ressentiment,, une tentation irrépressible pour le « chacun pour soi », que l’on appelle l’incivisme ?

Les citoyens sont convaincus jour après jour, qu’on les dépossède de ce qui leur appartenait : La République.

Les actes constatés sont des choix politiques. Pourquoi arbitrer systématiquement en faveur des gros et contre les petits, pour les monopoles et contre ceux qu'ils exploitent ?

Or le même jour, le mardi 23 juillet, ce gouvernement vient d’envoyer deux messages contradictoires :
-Les députés de la majorité ratifient le CETA
-Et on apprend d’autre part que le ministère de l’économie réclame à l’entreprise E. Leclerc une amende de 117 millions d’euros pour des pratiques commerciales abusives.
Et comme E Leclerc a déjà été condamné en 2018 à 100 millions d’amende, le Zorro de la distribution avait décidé d’obliger ses fournisseurs à traiter avec sa fillale Belge, qui n’obéit pas à une législation aussi regardante.

Certes, cette deuxième annonce peut nous réjouir par le fait que Bercy prenne enfin la mesure du rôle néfaste des grandes centrales d’achat dans la destruction des filières industrielles et agricoles Françaises et qu’il a compris que les ristournes exigées (marges arrières) ainsi que les ventes à pertes des producteurs allaient les faire disparaître…

Que nenni ! Si Bercy intervient, c’est parce que les pratiques de E. Leclerc ne sont pas conformes à la libre concurrence.

Alors, si on peut applaudir à cette intervention, on se rappellera cependant que l’année dernière Bercy avait refusé un moratoire sur l’installation des grandes surfaces, qu’il est favorable au CETA ainsi qu’au MERCOSUR !!!

Alors ce n’est pas cette simple mesure qui ressoudera l’unité nationale autour des valeurs de la république, alors que la doctrine reste la libre concurrence systématique, qui permet aux plus puissants d’augmenter leurs marges et d’écraser les plus faibles.

A aucun moment, ce gouvernement ne s’attaque aux mécanismes européens qui permettent à michel-Edouard d’utiliser une filiale Belge pour détourner le droit Français, ni à cette agression invasive du Low cost des deux traités qu’il soutient mordicus…

Le pire, c’est que ce gouvernement avoue piteusement, que le traité permettra bien l’entrée de viandes nourries aux farines animales.
De plus, le jour où les députés écoutent religieusement la grande prêtresse Greta Trucmuche parler de généralités banales sur l’écologie, ils votent contre la destruction de notre agriculture qui respecte les conditions sanitaires imposées…

Ce gouvernement semble apparemment être en contradiction…

Mais en fait, il suit une seule logique : l’application d’une idéologie, celle du commerce NON RÉGULÉ, qui doit selon cette quasi-religion, apporter le bonheur et la prospérité à tous !

Cette idéologie Macroniste est bien plus puissante que les faits réels qui en démontrent les méfaits.

J’ai toujours détesté les dogmatismes… Et le Macronisme en fait partie.

Avec Macron ; le bien commun disparaît et le chaos n’a plus d’entrave…


samedi 10 août 2019

Être ou ne pas être con, là n'est pas la question






Vaut-il mieux être un gros con riche et ne pas le savoir ou bien un pauvre con et en avoir pleinement conscience ?



J'aurais préféré être dans la première catégorie...


vendredi 9 août 2019

Le «vrai» déficit commercial de la France (5)







Le tableau 4 donne une estimation de la balance commerciale en volume de la France en 2008. On peut lire sur ce tableau, que cette balance commerciale en volume était en déficit de 161,3 milliards d'unités réelles de biens et services, pour ce qui concerne les échanges de biens manufacturés avec tous les pays du reste du monde, et de 122,1 milliards d'unités réelles de biens et services, pour ce qui concerne les échanges de biens manufacturés avec les pays émergents.




Tableau 4. Balance commerciale en volume de la France en 2008 (Volume réel des biens échangés, par sens de l'échange, catégorie des biens échangés, et région partenaire de l'échange, en milliards d'unités réelles de biens et services)



Une estimation des contenus en emplois des exportations et importations de la France.



Le tableau 5 donne, pour diverses branches d'activité, plusieurs indicateurs concernant la France en 2008, utiles pour apprécier la balance commerciale en volume. Les sources de ce tableau sont les tableaux précédents et l'OCDE (sa base de données STAN).




Tableau 5. Valeurs de divers indicateurs concernant la France en 2008 (Valeur de l'indicateur, par indicateur et catégorie de biens et services produits par la branche concernée)



Le tableau donne d'abord une estimation de la valeur ajoutée, calculée en volume, faite par les acteurs de la branche concernée durant l'année. La valeur ajoutée en volume faite par des acteurs d'une branche de l'économie, est le volume réel des biens et services qu'ils ont produit, auquel on retranche le volume réel de leurs consommations intermédiaires. Le PIB en volume est la somme des taxes sur la consommation, divisées par le niveau des prix, et de la valeur ajoutée en volume de toutes les branches d'activité. L'unité de mesure est le milliard d'unités réelles de biens et services. Sur le tableau, on peut lire qu'en France, les acteurs appartenant à la branche produisant des biens manufacturés, ont fait une valeur ajoutée de 183 milliards d'unités réelles de biens et services, et que le PIB en volume de la France est de 2116,2 milliards d'unités réelles de biens et services. Les 161,3 milliards d'unités réelles de biens et services, de déficit commercial en volume de la France, pour ce qui concerne les échanges de biens manufacturés, représentent donc 7,6% de son PIB en volume.

Le tableau donne ensuite le nombre d'emplois dans la branche concernée. L'unité de mesure est le million d'emplois. On peut lire qu'il y a dans la branche des biens manufacturés, 2,6 millions d'emplois en France en 2008.

Puis le tableau donne la productivité annuelle, calculée en volume, des acteurs de la branche. La productivité en volume des acteurs d'une branche, est la valeur ajoutée en volume faite en moyenne par chaque acteur de la branche : elle se calcule en divisant la valeur ajoutée en volume de la branche, par le nombre d'emplois dans la branche. L'unité de mesure est l'unité réelle de biens et services. On peut lire que la productivité en volume des acteurs de la branche des biens manufacturés, est de 69901 unités réelles de biens et services par an et par travailleur.

Le tableau donne ensuite une approximation plutôt sommaire, du contenu en emplois, calculé en volume, des biens exportés de la catégorie concernée. Une manière sommaire de le calculer, est de diviser le volume des biens exportés, par la productivité en volume des travailleurs de la branche des biens exportés. L'unité de mesure sur le tableau est le million d'emplois. On peut y lire que pour produire les biens manufacturés exportés, il a fallu mobiliser en France 5 millions d'emplois en 2008.

Puis le tableau donne une approximation sommaire du contenu en emplois calculé en volume, des biens importés de la catégorie concernée. On peut le calculer en divisant le volume des biens importés, par la productivité en volume des travailleurs de la branche des biens importés, dans le pays où les biens sont importés. L'unité de mesure sur le tableau est le million d'emplois. On peut y lire que pour produire les biens manufacturés importés en 2008, il aurait fallu mobiliser en France 7,3 millions d'emplois.

Enfin le tableau donne le solde de la balance en emplois, calculée en volume, pour les biens de la catégorie concernée. La balance en emplois calculée en volume, recense les contenus en emplois calculés en volume, des biens importés et exportés. Son solde est le contenu en emplois des biens exportés, auquel on retranche le contenu en emplois des biens importés. Sur le tableau, l'unité de mesure est le million d'emplois. On peut y lire que, pour les biens manufacturés, la balance en emplois calculée en volume de la France en 2008, a un déficit de 2,3 millions d'emplois.

 

mercredi 7 août 2019

Le «vrai» déficit commercial de la France (4)








Une estimation de la balance commerciale en volume de la France.



Pour calculer une balance commerciale en volume à partir d'une balance commerciale en valeur, il faut calculer les volumes réels des quantités de biens échangés, dont les valeurs marchandes sont recensées dans la balance commerciale en valeur. Le volume réel d'une quantité de biens peut se calculer à partir de sa valeur marchande, en utilisant le niveau des prix dans le pays de production de ces biens. Le niveau des prix dans un pays, est le prix auquel on peut y acheter une unité réelle de biens et services. Une unité réelle de biens et services, peut être par exemple le volume réel de biens et services que l'on peut s'acheter aux USA, avec 1 dollar. Le niveau des prix dans un pays, peut alors être le nombre de dollars qu'il faut échanger contre de la monnaie du pays, étant donnés les taux de change du moment, pour pouvoir s'acheter dans ce pays une unité réelle de biens et services, c'est à dire ce que l'on aurait pu s'acheter aux USA avec 1 dollar. Le volume réel d'une quantité de biens et services, est donc considéré comme égal à sa valeur marchande en dollars, divisée par le niveau des prix dans le pays de production de ces biens et services.

Le tableau 3 donne une estimation des niveaux des prix dans divers pays du monde, en 2008. Cette estimation est donnée par le FMI (dans sa base de données World Economic Outlook). Sur ce tableau, on peut lire qu'étant donnés les taux de change de 2008, si l'on voulait acheter en France ce que l'on pouvait acheter aux USA pour 1 dollar, il fallait détenir une quantité d'euros que l'on pouvait acquérir en échange de 1,35 dollars. On voit sur ce tableau, que les taux de change sont loin d'être ceux d'une situation de parité des pouvoirs d'achat, où le niveau des prix serait le même dans tous les pays. D'un pays à un autre, le niveau des prix peut varier du simple (en Inde : 0,37) au quadruple (en Suisse : 1,58).





Tableau 3. Niveaux des prix dans le monde en 2008 (Prix d'une unité réelle de biens et services, par pays, en dollars)



Pour que l'estimation du volume réel d'une quantité de biens et services, à partir de sa valeur marchande, soit plus vraisemblable, on pourra considérer que les niveaux des prix donnés dans le tableau 3 concernent les biens et services de toutes les catégories, à l'exception de celles des biens naturels agricoles ou issus des sous-sols, et des biens manufacturés énergétiques. Pour les biens de ces catégories, on pourra considérer que même s'ils sont produits à l'étranger, leur prix serait le même pour nous s'ils étaient produits en France : une unité réelle de biens de ces catégories, vaudrait donc pour nous 1,35 dollars, quel que soit son lieu de production. Le prix du pétrole brut ou raffiné, ou du métal brut, est à peu près le même d'un pays à l'autre. Les pays où le coût du travail est bas, sont souvent aussi si mal dotés en équipements agricoles, que leurs coûts de production de biens agricoles ne sont finalement pas si inférieurs que cela, à ceux des pays riches.


lundi 5 août 2019

Le «vrai» déficit commercial de la France (3)









La balance commerciale en valeur de la France.



La balance commerciale en valeur de la France en 2008, est donnée dans le tableau 1. Les sources principales de ce tableau sont l'OCDE (sa base de données STAN, à la rubrique "Industrie et Services"), et la Direction Générale des Douanes et Droits Indirects. Sur ce tableau, on peut lire que la France a exporté pour 473,6 milliards de dollars de biens manufacturés, dont 106,4 milliards vers les pays émergents. Elle a aussi importé pour 500,8 milliards de dollars de biens manufacturés, dont 124,4 milliards en provenance des pays émergents. La balance commerciale en valeur de la France était donc en déficit de 27,2 milliards de dollars pour ce qui concerne les échanges de biens manufacturés avec tous les pays du reste du monde, et de 18 milliards de dollars pour ce qui concerne les échanges de biens manufacturés avec les pays émergents.




Tableau 1. Balance commerciale en valeur de la France en 2008 (Valeur marchande des biens échangés, par sens de l'échange, catégorie des biens échangés, et région partenaire de l'échange, en milliards de dollars)



Dans le tableau 1 et les suivants, les biens et services sont regroupés dans la catégorie des biens mobiliers, et dans celle des biens immobiliers et des services. Les biens mobiliers sont ceux qui peuvent s'exporter ou s'importer. La catégorie des biens immobiliers et des services, comprend la construction, la vente et la location de terrains construits, le commerce et le transport, les services d'intermédiation financière, et les services non financiers, individuels ou collectifs. Les biens mobiliers sont regroupés dans la catégorie des biens naturels, et dans celle des biens manufacturés. La catégorie des biens naturels, est plus exactement celle des biens naturels, alimentaires ou énergétiques. Elle comprend les biens agricoles (comme du blé, du raisin, du coton ou du bois brut), les biens manufacturés alimentaires (comme du pain ou du vin), les biens extraits des sous-sols (comme du métal brut ou du pétrole brut), les biens naturels énergétiques (comme de l’électricité, du gaz ou de l’eau), et les biens manufacturés énergétiques (comme du pétrole raffiné). La catégorie des biens manufacturés, est plus exactement celle des biens manufacturés non alimentaires et non énergétiques (comme des vêtements, des meubles, de la pierre taillée, des produits métallurgiques, des produits chimiques, des machines, des appareils électriques, des matériels de transport). Ces catégories de biens et services, peuvent facilement être mises en correspondance avec celles définies par l'ONU (dans sa nomenclature ISIC 3).

Les pays du reste du monde aussi, sont regroupés dans des régions du monde, dont les plus étendues sont celle des pays émergents (Europe centrale, Asie du sud et du sud-est, Amérique latine, Maghreb et Turquie), celle des pays pauvres (Afrique sub-saharienne, proche et moyen Orient, Europe orientale, Caucase et Asie centrale), celle des pays d’Europe occidentale (du nord et du sud), et celle des autres pays riches (Amérique du nord, Japon et Océanie).



Le tableau 2 donne, pour diverses branches d'activité, la valeur ajoutée, calculée en valeur, faite par les acteurs de la branche concernée, en 2008. La valeur ajoutée en valeur faite par des acteurs d'une branche de l'économie, est la valeur marchande des biens et services qu'ils ont produit, à laquelle on retranche la valeur marchande de leurs consommations intermédiaires, c'est à dire des biens et services qu'ils ont utilisé lors de leur activité productive. Le PIB en valeur est la somme des taxes sur la consommation, et de la valeur ajoutée en valeur faite par toutes les branches d'activité. La source de ce tableau est l'OCDE (sa base de données STAN). Sur ce tableau, on peut lire qu'en France, les acteurs appartenant à la branche produisant des biens manufacturés, ont fait une valeur ajoutée de 247,1 milliards de dollars, et que le PIB en valeur de la France était de 2857 milliards de dollars. Les 27,2 milliards de dollars de déficit commercial en valeur de la France, pour ce qui concerne les échanges de biens manufacturés, représentent donc 1% de son PIB en valeur.






Tableau 2. Valeur ajoutée en valeur de la France en 2008 (Valeur marchande des biens et services produits, nette de la valeur marchande des consommations intermédiaires, par catégorie de biens et services produits, en milliards de dollars)


samedi 3 août 2019

Le «vrai» déficit commercial de la France (2)









Le déficit commercial en volume est la pleine mesure de la non réciprocité des échanges entre la France et le reste du monde. Il faudrait mobiliser en France beaucoup plus d'emplois pour produire ce que nous importons, qu'il faut y mobiliser d'emplois pour produire ce que nous exportons. Le nombre d'emplois mobilisés pour produire les biens exportés, porte le nom de contenu en emplois, calculé en volume, des biens exportés. Et le nombre d'emplois qu'il aurait fallu mobiliser en France pour produire les biens importés, porte le nom de contenu en emplois, calculé en volume, des biens importés. Ce nombre peut être différent du nombre d'emplois qui ont été effectivement mobilisés à l'étranger, pour produire les biens importés, puisque les pays étrangers peuvent ne pas avoir les mêmes niveaux d'équipement et de qualification des travailleurs qu'en France. On verra qu'à partir de la balance commerciale en volume, il existe une manière simple et sommaire de calculer ces contenus en emplois. On verra aussi que ce calcul aboutit sur une différence de 2,3 millions d'emplois, entre le contenu en emplois des biens manufacturés exportés et celui des biens manufacturés importés.

Le déficit commercial en volume est aussi la pleine mesure de l'érosion de l'appareil de production, notamment industrielle, de la France, qui est pourtant la seule source à long terme de sa prospérité et de sa puissance. En effet la différence entre le volume de biens et services que nous consommons, et le volume de biens et services que nous produisons, est ce déficit commercial en volume. Ce n'est pas parce que nous consommons moins de biens manufacturés, ou parce que nos techniques de production se sont améliorées, que nous consacrons environ deux millions d'emplois en moins à l'activité industrielle qu'il y a quelques décennies : c'est plutôt, comme il était naturel de le pressentir, parce que nous importons aujourd'hui beaucoup plus de bien manufacturés que nous en exportons.

Le déficit commercial en volume est enfin la véritable mesure de la longueur du chemin de reconstruction que notre économie devra parcourir, quand il viendra l'envie au reste du monde, de cesser de nous vendre comme aujourd'hui, beaucoup plus de biens qu'il ne nous en achète. Ou bien, quand il viendra l'envie au peuple français de s'engager de manière solidaire dans une relation au reste du monde, sans laisser les travailleurs français exposés à la concurrence des pays émergents, sans emploi ou avec des salaires soumis à une pression à la baisse. A ce moment là, les forces qui maintiennent les taux de change très loin de la parité des pouvoirs d'achat, et qui maintiennent l'euro dans son état de surévaluation, s'affaibliront. Par exemple, la banque centrale chinoise cessera d'intervenir pour maintenir la sous-évaluation de son yuan par rapport à l'euro. Ou bien, le peuple français décidera de dévaluer sa monnaie par rapport aux autres monnaies, et/ou mettra en place des droits de douane et éventuelles subventions aux exportations. La puissante force exercée par le déficit commercial en volume de notre pays, aura alors libre cours, et fera baisser la valeur de l'euro, pour la ramener vers la valeur qu'il aurait s'il y avait parité des pouvoirs d'achat. Le déficit de la balance commerciale en valeur se rapprochera alors du déficit commercial en volume, bien plus accentué. Les réserves de change de notre pays fondront alors plus vite, et l'inflation sera plus forte. En un mot, ce sera comme un lent dégonflement, ou un brusque éclatement, de la bulle qui consisterait en la surévaluation de l'euro et en notre déficit commercial en volume. Les échanges commerciaux revenant alors, doucement ou brusquement, vers leur valeur fondamentale que serait l'équilibre des balances commerciales en volume, et les taux de change revenant vers leur valeur fondamentale qui serait un état de parité des pouvoirs d'achat. Plus nous attendrons sans rien faire, sans avoir recours à des droits de douane, éventuelles subventions aux exportations, et/ou à des dévaluations, et plus la bulle qui se dégonflera ou éclatera sera alors volumineuse, et plus longue sera pour nous la reconstruction.



En 2008, le déficit commercial en valeur de la France, représentait 3,6% de son PIB en valeur. Selon l'estimation que j'ai faite, cette même année 2008, le déficit commercial en volume de la France représentait quant à lui 10,9% de son PIB en volume.

Pour ce qui concerne seulement les échanges de biens manufacturés de la France avec les pays émergents, le déficit en valeur de la France représentait 0,6% de son PIB en valeur, alors que son déficit en volume représentait 5,7% de son PIB en volume.

Enfin, pour ce qui concerne seulement les échanges de biens manufacturés, mais cette fois avec tous les pays du reste du monde, le déficit commercial de la France représentait par rapport à son PIB, 1% en valeur, et 7,6% en volume.

Dans la suite de ce texte, je donne le détail de la balance commerciale en valeur de la France en 2008, ainsi que le détail de l'estimation que j'ai faite de sa balance commerciale en volume cette même année. Ce faisant, je montre aussi comment une estimation de la balance commerciale en volume, peut se calculer à partir de la balance commerciale en valeur. Puis je montre comment on calcule le nombre d'emplois mobilisés en France pour produire les biens exportés, et le nombre d'emplois qu'il aurait fallu mobiliser en France pour produire les biens importés. Enfin, j'essaie de voir comment, au delà d'une compréhension intuitive du concept de volume réel, il est possible de lui donner une définition précise, et j'essaie d'évaluer la qualité des approximations que j'ai calculées.


mercredi 31 juillet 2019

Le «vrai» déficit commercial de la France (1)


J’avais écrit en 2012 sur blog.fr, des comparatifs suggérant que la balance commerciale de la France était bien plus grave que ce que l’on nous le suggérait à longueur de médias.

Il n’en reste rien depuis que blog.fr a disparu.

Un  seul texte est demeuré (écrit sur Word) que j’ai republié en 2016 et qui aborde très brièvement la parité de pouvoir d’achat dans le calcul du déficit de notre balance commerciale.

Sur Blogger :

La balance commerciale (Modèle Allemand de Nikola 1er)


Ainsi que sur canalblog :

La balance commerciale (Modèle Allemand de Nikola 1er)




Un auteur « Samuel », explique fort bien le mécanisme qui conduit notre pays à minorer notre déficit commercial afin de faire penser aux Français que la situation n’est pas si grave. Or elle est très grave. Et simplement par le calcul raisonnable et non faussé, on comprendra aisément que notre politique libérale va droit dans le mur.

Je vais donc publier ci après le texte de cet auteur paru sur Mediapart en 2011…



Le «vrai» déficit commercial de la France (1)









Dans le domaine du commerce international, comme dans celui de la production et des échanges au sein d'un même pays, et contrairement à ce que suggère la belle image de Jean-Baptiste Say, la monnaie n'est pas qu'un «voile» posé sur l'économie réelle, sans influence sur elle, et à travers lequel on pourrait en voir une image non déformée.



Comme le soulignent notamment les économistes postkeynésiens, et contrairement à ce que suppose la théorie néoclassique des « avantages comparatifs », les taux de change, c'est à dire les valeurs des monnaies les unes par rapport aux autres, ne sont pas de simples conséquences des échanges commerciaux internationaux. Ils peuvent aussi être influencés par les interventions des banques centrales, et aussi par les mouvements de capitaux, surtout quand ceux-ci sont libéralisés. Les taux de change peuvent alors influencer à leur tour les échanges commerciaux internationaux. C'est ainsi que, dans leur état actuel où par exemple l'euro est surévalué et le yuan est sous-évalué, ils maintiennent des déséquilibres commerciaux, bien reflétés se dit-on, par les déséquilibres des balances commerciales des pays.



Mais c'est ici justement qu'on oublie que la monnaie, en plus d'agir sur l'économie réelle, n'en laisse voir à travers elle qu'une image déformée. La balance commerciale, que l'on considère le plus souvent comme une image fidèle des flux commerciaux entrants et sortants d'un pays, recense les valeurs marchandes, exprimées en unités monétaires, des biens importés et exportés par le pays. Derrière cette balance commerciale, qu'on pourrait appeler plus précisément la balance commerciale en valeur, se cache une autre balance commerciale, qu'on pourrait appeler la balance commerciale en volume, qui recense les volumes réels des biens échangés par le pays, exprimés en unités réelles de biens et services. De même, derrière la valeur des biens et services produits dans un pays, c'est à dire derrière son PIB en valeur, se cache le PIB en volume de ce pays, volume des biens et services qui y sont produits, dont l'évolution est considérée comme le plus fidèle indicateur de la croissance de ce pays.

On donne le nom de niveau des prix dans un pays et à un moment, à la valeur dans ce pays et à ce moment, d'un volume de biens et services, qui sert d'étalon. Ce volume étalon peut être un panier type de biens et services, qui ne doit pas changer quand on change de pays ou de moment. Le niveau des prix peut être exprimé dans une unité monétaire internationale, comme le dollar. Pour évaluer le niveau des prix dans un pays et à un moment, on regarde quelle est la valeur dans le pays et à ce moment, du volume étalon de biens et services, qu'on exprime en unités monétaires du pays, puis on convertit cette valeur en unités monétaires internationales, selon les taux de change du moment.

Dès lors que le niveau des prix change d'un pays à un autre, ou autrement dit, dès lors que les taux de change ne sont pas dans un état de parité des pouvoirs d'achat, les balances commerciales en valeur et en volume ne sont plus identiques. De même, dès lors que dans un pays, le niveau des prix change au cours du temps, c'est à dire dès lors qu'il y a de l'inflation ou de la déflation, les évolutions des PIBs en valeur et en volume ne sont plus identiques.



Dans ce texte, je donnerai la balance commerciale en valeur de la France en 2008, ainsi qu'une approximation que j'ai faite à partir de chiffres donnés par le FMI, de sa balance commerciale en volume cette même année. On verra que le déficit commercial en volume de la France est bien plus accentué que son déficit commercial en valeur.

Cela n'a rien d'étonnant, puisque par rapport à un état de parité des pouvoirs d'achat, l'euro est fortement surévalué par rapport à la plupart des autres monnaies. La valeur des biens que nous exportons est globalement surévaluée par rapport à celle qu'ils auraient s'il y avait parité des pouvoirs d'achat. Et la valeur des biens que nous importons est globalement sous-évaluée. En effaçant ces surévaluations et sous-évaluations, on obtient de plus petits volumes de biens exportés, et de plus grands volumes de biens importés.


lundi 29 juillet 2019

Mémoires et radotages (221) – Rugy : Les faits ou bien le verdict ?



Écrit le 24 juillet 2019

"Je me présente devant vous ce soir en homme blanchi, blanchi de toutes les accusations qui ont été portées contre moi"

Amennnnn !






Oyez Oyez, bonnes gens !

Le parlement composé de mes complices en majorité, m’a déclaré totalement innocent, donc je le suis… De Rugy, nimbé d'une auréole (j'ai oublié de la dessiner) et vêtu d'une robe de bure est innocent comme l'agneau qui vient de naître !!!

Comme le monde est merveilleux !

Si les tueurs en séries étaient jugés par des tueurs en série ils seraient tous innocentés.
Si les violeurs étaient jugés par des violeurs, aucun ne serait condamné.

Au-delà de ce blanc sein accordé par les pairs de Rugy, il reste les faits.
Les faits sont têtus, ils sont là, et bien réels.

66.000 euros pour retaper son appart de fonction, des homards géants et du pinard à 500 euros la boutanche… Voir plus si affinité !

Innocent peut-être, mais coupable je l’espère dans l’esprit du peuple, de gaspiller l’argent de l’état, c'est-à-dire « notre argent »…