mercredi 22 février 2023

Commission d’enquête souveraineté énergétique : des auditions accablantes pour les dirigeants politiques français (2)

Suite

Croire au tout renouvelable est-il encore rationnel ?

Certains restent aujourd’hui convaincus que l’avenir repose sur un mix énergétique 100% renouvelable. Ne pouvant nier l’intermittence du vent (23% du temps) et du soleil (14% du temps) ils misent d’une part sur un large déploiement géographique des ENR (il y aura toujours du soleil à Séville quand il n’y aura pas de vent à Bruxelles ou à Berlin !) accompagnés par un réseau européen intelligent ainsi que sur le stockage massif par batterie. Si le modèle peut apparaître séduisant sur le papier il s’avère dans les faits complètement irréaliste et surtout très risqué. D’une par le nombre d’équipements à mettre en oeuvre serait délirant et d’autre part la météo européenne n’est pas suffisamment diversifiée. Ainsi début décembre il n’y avait de vent ni à Madrid ni à Copenhague tandis que depuis la mi-décembre il y en a beaucoup trop et partout. Miser sur l’extension géographique est un leurre évident. Quant aux batteries, si elles peuvent améliorer la situation en effectuant du stockage journalier voire hebdomadaire, elles ne pourront effectuer du stockage saisonnier (i.e. accumuler de l’électricité solaire en été pour l’utiliser en hiver). En dehors des intermittences, l’autre problème des ENR est l’effet d’échelle : quantité d’équipements, surface au sol ou encore taille gigantesque des batteries. On ne remplace pas impunément des énergies très concentrées comme l’atome 10 grammes d’Uranium suffisent à fournir un an d’électricité à une famille française !), le pétrole ou le gaz par des énergies très diluées comme le vent et le soleil ! En 2050 les ENR ne dépasseront pas 30% à 35% du mix électrique. Le reste ce sera soit du nucléaire soit du gaz…il faudra choisir !

Toutes les énergies renouvelables se valent-elles ?

Derrière l’utopie du 100% renouvelable se cache l’antinucléarisme des Verts qui remonte au début des trente glorieuses. Avant de s’intéresser à « Dame Nature », les écologistes ont d’abord été pacifistes. S’opposant frontalement à la prolifération des armes nucléaires et à la guerre du Vietnam, leur antinucléarisme civil a émergé de la « contre-culture » venue d’outre-Atlantique. Si EELV utilise aujourd’hui de façon tactique des arguments sécuritaires (risque nucléaire, traitement des déchets) ou économiques (coût des EPRs et du grand carénage), leur antinucléarisme repose toujours sur un « chromosome » pacifiste. Comme le confirmait Yannick Jadot dans son discours fondateur de Lyon le 29 janvier 2021, l’opposition des Verts au nucléaire « n’est ni technique ni climatique, elle est politique en plus d’être morale ». Un discours similaire émerge de l’écologiste belge Gorges Giliknet signant en 2022 dans le journal La Meuse un article intitulé « le nucléaire peut être utilisé comme une arme, pas le vent et le soleil » ou de la ministre belge Ecolo de l’Energie Tinne Vanderstreaten déclarant que « fermer la filière nucléaire belge c’est aussi mettre fin aux armes nucléaires ».

Opposés au nucléaire, les Verts misent donc officiellement sur le 100% renouvelable tout en sachant que cette stratégie fera exploser la demande gazière et donc les émissions de gaz à effet de serre. L’antinucléarisme vert efface donc l’objectif climatique : selon l’ancien ministre de l’environnement Brice Lalonde : « Au sein du mouvement écologiste [accepter le nucléaire] c’est une peu comme demander à un chrétien de renier à la Bible ».

En se laissant imposer le dictat Vert [surtout allemand] via le Green Deal européen, la France renonce de facto…à ses ambitions climatiques. En misant sur les renouvelables aux dépends du nucléaire elle choisit implicitement le gaz comme source pilotable. Elle risque donc de voir ses émissions de CO2 qui étaient parmi les plus faibles d’Europe augmenter au cours des futures décennies.

Quels sont les autres pièges intellectuels dans lequel tombe ce projet de loi ?

Voter une loi pour accélérer des procédures n’apparaît jamais comme un message particulièrement démocratique. « Mangeant à tous les râteliers », la majorité parlementaire relative devrait assez facilement trouver à Gauche les voies qu’il lui manque. Un coup à droite (pour les retraites) un coup à gauche (pour les ENR) Emmanuel Macron reste inexorablement fidèle à sa politique du « en même temps ».

D’autre part, la loi balaye d’un revers de main la principale nuisance relative aux renouvelable : la valeur du foncier fortement affecté par la construction d’éoliennes notamment. Une étude pour le moins étonnante de l’ADEME stipule « qu'un mât d'éolienne ne ferait fléchir que de 1,5 % le prix du m2 et ne changerait rien à sa valeur au-delà ». Mais qu’en est-il quand les éoliennes sont à moins de 500m. Selon certaines associations de riverains la décote peut atteindre 30% à 50%. Qui accepterait d’acheter une maison au pied d’une éolienne ?

La loi ne stipule pas non plus que si le vent et le soleil appartiennent à tout le monde, les matériaux nécessaires aux renouvelables sont encore plus mal distribués sur la planète que le gaz et le pétrole. Ainsi, l’Europe ne produit aucun métal critique (cuivre, lithium, cobalt, métaux rares) tandis que 90% des éoliennes et des panneaux solaires sont manufacturés en Chine.

L’empressement à voter à la hâte cette loi sur les renouvelables n’augure rien de bon car en parallèle aucune loi sur le nucléaire (les 14 EPR promis par E. Macron dans son discours de Belfort) n’est pour l’instant dans les cartons. La loi en vigueur suppose toujours qu’à l’horizon 2035, aucun nouveau réacteur sera construit tandis que 14 existants seront arrêtés.

Marché de l'électricité : un "scandale" selon le secrétaire du Comité social et économique d'EDF

Par Raphaël Marchal, le Mardi 17 janvier 2023 à 14:00, mis à jour le Jeudi 19 janvier 2023 à 15:09

Le secrétaire du Comité social et économique central (CSEC) d’EDF, Philippe Page Le Mérour, auditionné à l'Assemblée nationale, a dénoncé le "scandale" du marché de l'électricité, appelant à déroger aux règles européennes et à suspendre l'accès régulé à l'électricité nucléaire historique (Arenh).

C'est un constat amer que Philippe Page Le Mérour est venu livrer sur EDF. Auditionné, mardi 18 janvier, avec d'autres représentants du Comité social et économique central de l'entreprise, par la commission d'enquête sur la perte de souveraineté énergétique de la France, le secrétaire du CSEC n'a pas mâché ses mots, torpillant aussi bien la gouvernance de l'entreprise publique que les choix politiques effectués au cours des dernières décennies.

Plus personne n'est responsable du service public de l'électricité en France.

Philippe Page Le Mérour, secrétaire du CSE central d'EDF

"La marchandisation de l'électricité a abouti à une déresponsabilisation des acteurs. Plus personne n'a de vision du service public de l'électricité", a-t-il martelé, revenant par le détail sur les étapes de la déréliction de l'entreprise publique, qui n'est, selon lui, en rien due à la fatalité, mais bien à la logique de marché.

Suspendre l'Arenh

Pour inverser la tendance, Philippe Page Le Mérour préconise un traitement de choc. À savoir, la suspension de l'Arenh, le mécanisme de l'accès régulé à l'électricité nucléaire historique, qui impose à EDF de vendre à ses concurrents son électricité nucléaire à un prix déterminé. Ce mécanisme "abominable fait travailler les salariés et les agents d'EDF pour la sous-traitance", a-t-il jugé, suivant là les constatations d'anciens PDG de l'entreprise.

Le représentant du personnel a également plaidé pour immédiatement déroger aux règles européennes, en fixant un tarif réglementé de l'énergie (TRV) uniquement basé sur le mix énergétique français, ce qui permettrait selon lui de diviser son prix par trois. "Il faut avoir cette dérogation pour maîtriser l'inflation, [...] pour sauver les artisans et les entreprises qui souffrent d'un tarif qu'ils n'ont pas à payer. C'est un véritable scandale ! [...] Au nom de règles trafiquées sur le marché de l'électricité, on fait souffrir tout le pays."

"Dans quel autre système économique un produit est vendu 10 fois son prix, à part la mafia ?", a-t-il questionné. Philippe Page Le Mérour s'en est également pris à l'Allemagne, coupable à ses yeux de faire la pluie et le beau temps à Bruxelles et qui aurait "baladé" la France depuis le traité de Maastricht en matière d'énergie. "On est vraiment les dindons de la farce", s'est-il agacé, jugeant que les agents d'EDF "travaillent en 3x8 pour sortir un produit à 42 euros que les concurrents revendent 500 balles".

Une logique de "boutiquier"

Philippe Page Le Mérour n'a pas manqué d'égratigner le comportement des dirigeants d'EDF à compter des années 2000, durant lesquelles la libéralisation de l'électricité a commencé à opérer. "Le début de la fin", pour le secrétaire du CSE central. Dès lors, chacun a géré en "boutiquier", a-t-il regretté, avec pour seule motivation l'appât du gain.

Depuis 1946, EDF a connu deux périodes : une de 50 ans de monopole public au service du pays, et une de libéralisation où elle a été fragilisée, pillée, spoliée, et où elle est de moins en moins à même de répondre aux exigences de service public.

Philippe Page Le Mérour, secrétaire du CSE central d'EDF

Selon lui, c'est à cette époque que les dirigeants ont tenté des "paris dignes du casino à l'international, faisant perdre des milliards à l'entreprise". Durant cette période, entre 2006 et 2009, la dette a été multipliée par trois, sans qu'il n'y ait d'investissement sur le réseau, le phénomène de sous-traitance et de filialisation aboutissant dans le même temps à une perte de compétences techniques, qu'EDF "paye encore aujourd'hui".

Philippe Page Le Mérour a également reproché aux dirigeants la fermeture des centrales thermiques d'Aramon, du Havre et de Porcheville, dictées selon lui par de pures logiques financières, EDF ayant jugé les coûts fixes trop élevés. Sans imaginer que ces dernières auraient pu aider à piloter le pic de consommation hivernal quelques années plus tard, dans un contexte de crise énergétique. "Ces choix ont été faits à l'encontre du bon sens."

"Reprendre la main"

Au-delà du constat, Philippe Page Le Mérour a plaidé devant les députés l'impératif de refaire d'EDF un service public. "Soit on laisse EDF gérée comme une boutique, et on continuera à avoir des projets alimentés par des banques d'affaires avec la bénédiction bruxelloise, soit la nation reprend la main sur le service public de l'énergie", a-t-il affirmé.

Pour ce faire, et alors que l'exécutif a annoncé la renationalisation totale d'EDF, il a exhorté le Parlement à examiner une loi dédiée qui fixerait en toute transparence les moyens et objectifs du service public de l'électricité, sur le modèle de la proposition de loi du groupe Socialistes et apparentés, qui sera examinée lors de sa journée d'initiative parlementaire, le 9 février. "On vit une étatisation d'EDF par OPA dictée par des banques d'affaires, pas une nationalisation", a-t-il critiqué, appelant à ce que le texte précise également la gouvernance de l'entreprise. "Et la gouvernance, ce n'est pas un conseil d'administration confiné."

Le ministre Caprice et son conseiller Lubie : (Bien) Pire que le gouvernement des experts, celui de la science infuse des technocrates français

Plusieurs des personnalités auditionnées par l’Assemblée nationale dans le cadre de la Commission d’enquête sur la souveraineté et l'indépendance énergétique ont souligné à quel point l’inculture scientifique et l’indifférence aux experts caractérisent nombre de décisions politiques.

Christophe Boutin et Charles Reviens

Atlantico : Plusieurs des personnalités auditionnées par l’Assemblée nationale dans le cadre de la Commission d’enquête sur la souveraineté et indépendance énergétique ont souligné à quel point l’inculture scientifique et l’indifférence aux experts caractérisent nombre de décisions politiques. A quel point ce constat est-il juste ?

Christophe Boutin : Qu’il y ait chez les politiques une inculture scientifique n’a en soi absolument rien de surprenant, et moins encore de répréhensible. On ne peut pas tout savoir sur tout, et dans les parcours qui les ont conduits à exercer leurs fonctions il est rare que les politiques aient, d’abord, suivi une filière scientifique, et l’aient fait assez longtemps ensuite pour acquérir une véritable expertise. Quant à l’indifférence aux experts que vous évoquez, il est permis de la relativiser au regard de la manière dont l’expertise scientifique a été utilisée, et même surutilisée lors de la crise du Covid.

D’un côté donc, pour ce qui concerne l’énergie, et notamment l’usage de l’énergie atomique, les politiques ont donné l’impression de décider sans véritablement analyser les rapports d’expertise transmis, ou même d’aller à l’encontre des préconisations des auteurs des rapports. De l’autre, nous avons vu dans le cadre de la crise sanitaire des politiques s’abriter derrière les analyses faites par les différents comités scientifiques pour justifier leurs choix.

Y a-t-il un point commun entre ces deux aspects des choses, qui nous permettrait d’avoir une vision plus claire de ce qu’est aujourd’hui la politique ? Oui, si l’on émet l’hypothèse selon laquelle les experts ne servent plus guère qu’à permettre de justifier en tant que de besoin des choix qui ne doivent rien… à l’analyse des rapports et expertises. En suivant cette hypothèse, on peut penser que dans les deux cas, en matière énergétique comme en matière sanitaire, le politique a fait ses choix en pensant à ses intérêts propres – à son électorat, à ses alliés politiques, à lui-même, pour ne pas voir engager sa responsabilité, et aux intérêts qu’il estime juste de servir.

En mettant sous le boisseau les projets de développement de l’énergie nucléaire, contrairement à l’avis des responsables de la filière, le pouvoir politique fait peut-être partiellement au moins ce qui relève de son rôle : un arbitrage entre deux perspectives, toutes deux défendues par des experts, celles du nucléaire et des énergies renouvelables. Mais il fait aussi un choix politique, pour séduire une partie de l’électorat et stabiliser sa majorité ; il fait encore un choix plus ou moins obligé au vu de la pression des textes européens et de la volonté de notre si pesant voisin d’outre-Rhin ; il fait enfin un choix dont il n’ignore pas qu’il va profiter à de nouveaux industriels… et surtout à quelques banques et fonds de pension.

Dans le cas de la crise sanitaire, là encore, le politique savait parfaitement ce qu’il voulait faire. D’abord, éviter toute mise en cause de sa responsabilité future, et les avis des experts ont servi de boucliers derrière lesquels s’est réfugié le pouvoir politique. Parallèlement, le caractère radical des préconisations de certains experts lui permettait de renforcer le contrôle de la population – y compris par des textes posant de vraies questions en termes d’atteintes aux libertés publiques -, un choix depuis longtemps envisagé certains politiques.

Concluons. Le politique est par définition le lieu du choix… politique, et ce dans un monde où n’existe quasiment jamais d’unanimité scientifique, et où toute option a ses bons et ses mauvais côtés. Ce choix entre divers possibles, tous étayés par des rapports, est l’essence de la fonction, et conduit nécessairement à écarter certaines expertises, soit au profit d’autres expertises, soit au profit d’autres considérations, touchant à l’intérêt général ou au Bien commun. On comprend le regret des experts écartés, d’autant plus vif lorsque l’on constate ensuite avec eux que le politique s’est trompé, mais ce n’est jamais aux experts de

décider seuls dans une démocratie. Et il faut rappeler que l’on peut se tromper de bonne foi, et que nul n’est parfait – pas plus le décideur que les procureurs à la petite semaine qui l’accablent s’il faillit.

Mais puisque c’est bien le politique et nul autre qui est au coeur de la décision, quand il fait en toute connaissance de cause un choix contre l’intérêt de la collectivité dont il n’est jamais qu’un représentant ; quand, notamment, il contribue à en altérer la souveraineté, et donc l’existence réelle ; quand il sacrifie le Bien commun à des combinazione à la petite semaine ; quand l’erreur flirte dangereusement avec la haute trahison de l’intérêt supérieur du pays, alors, et quand bien même trouverait-on des expertises pour lui servir de caution, c’est bien au politique qu’il faudra demander de rendre des comptes.

Charles Reviens : Dans le contexte présent d’une crise énergétique inédite, la commission d’enquête de l’Assemblée nationale « visant à établir les raisons de la perte de souveraineté et d’indépendance de la France », les propos des deux derniers Haut commissaires à l'énergie atomique successifs sont particulièrement utiles pour comprendre l’apparent découplage entre décisions politiques et compréhension de l’environnement et des impacts scientifiques.

Patrick Landais, l’actuel titulaire d’un poste n’assurant pas la direction exécutive du commissariat à l’énergie atomique et doté statutairement d’une forte indépendance, indique ainsi n’avoir jamais été sollicité par les ministres ou leurs conseillers en dépit de ses propositions répétées. Son prédécesseur Yves Bréchet est encore plus clair dans sa présentation des faits : deux réunions en six ans du comité à l’énergie atomique, absences de retours sur les rapports techniques ou les avis de l'Académie des sciences. Il met en avant comme éléments d’explication :

Le remplacement de la cohérence de stratégies technologiques et industrielles par l’opportunisme des stratégies de communication ;

L’inculture scientifique de la haute fonction publique et du personnel politique manquant même des éléments de cadrage les plus élémentaires sur l’état des sciences et technologies ;

Les limites des conseillers des ministres sur le cadrage scientifique des décisions politiques, du fait à la fois des limites de leur formation et parce que « leur préoccupation première est de ne dire à leur ministre que ce qu’il a envie d’entendre, pour ne pas nuire à leur carrière à venir » ;

L’impératif de repenser de fond en comble l’instruction scientifique et technique des dossiers politiques.

Ces arguments évoqués dans le cadre des problèmes de la filière énergétique et électronucléaire semblent décrire correctement une réalité plus large.

Comment en sommes-nous arrivés à cette situation ?

Christophe Boutin : Puisque les erreurs sont essentiellement liées aux choix politiques, c’est à ce point qu’il faut s’intéresser. On en est peut-être arrivé là en permettant au pouvoir de fonctionner facilement en roue libre, sans réelles possibilités de remise en cause des choix par les citoyens. Sans doute serait-il souhaitable que certains grands dossiers, portant sur des questions essentielles pour la vie de la nation – et notamment celles qui touchent à sa souveraineté -, puissent être plus facilement soumis au peuple souverain par la voie du référendum. À tout le moins peut-on souhaiter qu’ils fassent l’objet de véritables débats parlementaires.

La manière dont le gouvernement entend promouvoir aujourd’hui le développement accéléré des énergies renouvelable – énergies sur la mise en place desquelles il y a un débat scientifique et des expertises contradictoires – est révélatrice. On verra dans les semaines qui viennent s’il y a une possibilité de débat sur ce sujet au parlement.

Quant à l’épisode de de la crise sanitaire, on attend encore le véritable débat sur ce qui s’est passé, avec un examen détaillé des choix qui ont été faits, et les conséquences de ce retour d’expérience pour les choix à venir dans des situations comparables.

Veillons cependant à ce qu’il s’agisse d’un dialogue et d’un contrôle politique, et évitons autant que faire se peut l’engagement de la responsabilité pénale des politiques au sujet de choix difficiles et délicats. Il doit y avoir un droit à l’erreur : évitons d’être trop durs sur certains choix finalement secondaires, pour nous montrer ensuite si faibles pour en analyser d’autres, bien plus importants.

Charles Reviens : Comme souvent évoqué à l’occasion de la crise covid, les considérations de communication politique et électorale l’emportent en France depuis de nombreuses années sur l’efficacité de l’action publique ou la recherche du bien commun. L’explication d’une décision politique (pass sanitaire, pass vaccinal) par des considérations électorales est beaucoup plus aisée que par la recherche de la plus grande efficacité. Pour le nucléaire on explique bien mieux que par toute analyse d’impact scientifique et technique l’arrêt de Superphénix par le gouvernement Jospin comme gage de la coalition de la majorité plurielle, l’arrêt de la centrale de Fessenheim par l’accord de François Hollande avec EELV ou la réduction à 50 % de la part du nucléaire dans le mix électrique pour arrimer Nicolas Hulot ou l’électorat écologiste au sens large.

On ne peut en outre que constater en France dans l’opinion et donc dans le personnel politique et médiatique ou les groupes activistes le poids de l’écologie politique et du principe de précaution au détriment de la croyance en la science ou du progrès technique. On peut citer l’opposition aux OGM dans les années 2000 ou le fait que la seule recherche (même pas l’exploitation des gaz de schiste) soient interdites en France.

Il faut noter en sens inverse que les pouvoirs publics savent mobiliser les comités scientifiques quand cela est utile à la cause, à l’instar du conseil scientifique covid en 2020 et 2021.

Quelles sont les conséquences de ce comportement de l’appareil d’Etat et des technocrates ? A quel point cela aboutit-il à des contreperformances voire des désastres en termes de politiques publiques ?

Christophe Boutin : Les contre-performances actuelles sont-elles dues à « la technocratie » ? Encore faut-il des précisions. Ce que l’on appelle classiquement la technocratie, déjà présente lors de la crise des années 30, puis sous Vichy, qui réapparaît après-guerre, notamment en lien avec la création de l’École nationale d’administration, doit être mise en parallèle avec les grands corps de l’État, scientifiques (Polytechnique, les écoles des Mines ou des Ponts), juridiques (le Conseil d’État), ou institutionnels (le Quai d’Orsay, la préfectorale). Et il serait préférable de parler ici de haute administration plutôt que de technocratie, terme devenu très largement polémique et évoquant une réunion de super-rond-de-cuirs coupés des réalités.

Ces grands corps de l’État, qui, pour certains, dataient rappelons-le de la monarchie, étaient l’ossature administrative de la nation, sa constitution administrative, et a largement contribué au développement de notre pays, notamment dans les fameuses « 30 glorieuses » - même si le terme peut aujourd’hui être remis en cause. Ils ont entre autres permis de forger les éléments de notre souveraineté nationale dans bien des domaines - de l’industrie, de la défense, de l’énergie bien sûr, ou de l’autosuffisance alimentaire.

Ce à quoi nous assistons de nos jours est bien autre chose qu’une captation du pouvoir par la haute administration, contrairement à ce que pensent certains. C’est même tout l’inverse. Les choix actuels sont ceux d’une oligarchie qui s’est emparé de l’État et qui travaille non plus sur la base des avis des instances étatiques, mais sur ceux des fameux cabinets de conseil privés – et généralement étrangers. Parallèlement, cette oligarchie a décidé le démantèlement de notre haute administration – et, derrière, de notre État. Un démantèlement qui passe par la fin des grands corps, du recrutement au Quai d’Orsay à la fusion de l’ENA dans une sorte de gloubi-boulga administratif, en attendant que le même sort soit réservé aux grands corps scientifiques.

Certes, la haute administration n’était pas parfaite, certes elle s’est crue toute-puissante et a parfois oublié les citoyens dans une dérive autiste, mais elle aura plus rarement oublié l’intérêt national. Au contraire, la pseudo élite au pouvoir applique des thématiques managériales incompatibles avec notre tradition administrative pour vendre à la découpe ce que les Français avaient construit par l’impôt des générations antérieures, transférant au secteur privé les éléments rentables, mais laissant aux contribuables le soin d’abonder au financement des autres.

Cette différence de culture peut s’expliquer en partie par une nouvelle compénétration entre secteurs public et privé. Il est vrai que la haute administration d’avant ne passait pas son temps à valoriser son CV en allers-retours entre le privé et le public, vendant un jour au privé le carnet d’adresses constitué dans le public, ou lui expliquant comment contourner les textes que l’on a soi-même rédigés. Elle s’explique aussi sans doute par les contraintes des textes européens et leur réglementation de la déréglementation… Mais dans les deux cas, et au-delà, elle traduit surtout le triomphe parmi nos dirigeants d’une idéologie qui substitue à l’ancien idéal de l’intérêt national et de la souveraineté un mythe de la mondialisation heureuse dont il semble bien, dans les faits, qu’il ne serve que les intérêts de quelques-uns.

Charles Reviens : Depuis 2020 les crises successives ont mis en lumière des dysfonctionnements majeurs dans des domaines durablement considérés par l’opinion publique comme des acquis ou des atouts français comme le rappelle Jérôme Fourquet dans un article du Figaro :

- faiblesses de l’hôpital public et du système de santé apparue avec la saturation répétée des services d’urgence lors la pandémie covid-19 ;

- incapacité technologique à développer un vaccin dans les délais de la crise (le vaccin Sanofi est désormais disponible mais deux ans après les autres) ;

- niveau des moyens et des stocks de l’appareil militaire ;

- crise d’approvisionnement énergétique de l’automne-hiver 2022-2023.

On peut rajouter les enjeux de la compétitivité française problématique au regard des chiffres des comptes extérieurs particulièrement dégradé du fait de la dégradation des termes de l’échange notamment dans le domaine énergétique.

La faiblesse des validations scientifiques des décisions politique est un facteur parmi de nombreux autres d’une situation difficile que certaines commentateurs ou acteurs de la vie politique voient comme la manifestation d’une tiers-mondisation en cours du pays.

        

mardi 21 février 2023

Commission d’enquête souveraineté énergétique : des auditions accablantes pour les dirigeants politiques français (1)

Merci à jielleaime pour son envoi

La commission d’enquête visant à établir les raisons de la perte de souveraineté et d’indépendance énergétique de la France a auditionné de nombreuses personnalités politiques dont Ségolène Royal, Lionel Jospin ou bien encore Manuel Valls.

Ludovic Dupin et Valérie Faudon sur Atlantico : Certains passages comme celui de Ségolène Royal devant la Commission d’enquête souveraineté énergétique ont fait beaucoup parler. Que retenir de sa prise de parole ?

Valérie Faudon : Ce qui est marquant dans les déclarations, et notamment dans celles de Manuel Valls et de Ségolène Royal, est que la décision de réduire à 50 % notre part du nucléaire est bien politique. Ségolène Royal explique ainsi que ni le parti socialiste, ni EELV n’avaient les moyens de faire une instruction sérieuse en 2011, et qu’elle n’a pas été faite non plus en 2015. Elle est d’ailleurs très honnête sur le sujet. Mais on dirait qu’elle ne se rend pas compte des conséquences que cela a pu avoir sur les employés de la filière ou la sécurité d’approvisionnement énergétique.

L’autre point marquant, c’est que le débat de ces dernières années a été centré sur l’opposition nucléaire/renouvelable alors que le vrai sujet était les 60% d’énergies fossiles (pétrole, gaz, charbon) qui a été un point aveugle de la politique française. Les efforts pour sortir des énergies fossiles sont passés sous le radar, alors qu’ils sont les grands responsables des émissions de gaz à effet de serre du pays. A noter aussi que, avec la crise actuelle, nos importations d’énergie ont plus que doublé en 2022 et dépassé les 100 milliards d’euros.

Et plus largement quels sont les faits marquants des différentes déclarations devant la Commission ?

Valérie Faudon : Que ce soit avec François Hollande (qui n’a pas été auditionné) ou Manuel Valls, il semble qu’il n’y avait pas de volonté délibérée de leur part de faire du mal à la filière nucléaire, mais qu’ils n’ont pas mesuré ce qu'ils en faisaient. Cédric Lewandowski, directeur du parc thermique chef EDF, l’a bien dit dans son audition, une enquête interne de 2015 montrait que le moral des troupes chez EDF était très bas, il y avait eu des difficultés de recrutement.

Ce qui est particulièrement préoccupant, c’est aussi le manque de préparation de ces annonces. Les politiques n’ont pas du tout compris que nous nous mettions en situation de difficultés d’approvisionnement. L’un des vrais angles morts des politiques est aussi celui de la consommation d’électricité. La sobriété n’est pas suffisante, pour sortir du fossile il faudra aussi à long terme augmenter notre production d’électricité pour remplacer certains usages. Un bon exemple, dans les transports, est celui de la voiture électrique. Et nous sommes passés d’une situation de surcapacité au niveau européen à la situation inverse, sans le voir venir. La France a fermé ainsi 10 GW de capacités de production pilotable en 10 ans, incluant Fessenheim. On a vu la même tendance en Europe. Or, même si on développe les renouvelables, on a besoin de capacités pilotables, qui fonctionnent 24h/24 pour équilibrer l’offre et la demande d’électricité sur le réseau. Les auditions de Pierre Gadonneix ou d’Henri Proglio (anciens PDG d’Edf) montrent que ces derniers savaient qu’ils pourraient prolonger les réacteurs plus longtemps que prévu, mais qu’il faudrait maintenir la compétence de construction pour lancer un programme de renouvellement des réacteurs à partir de 2020. Cette idée s’est perdue en 2011-2012 avec l’abandon du projet d’EPR à Penly.

Pour Manuel Valls, la réduction de 50 % du nucléaire "n'était le résultat d'aucune étude d'impact" mais d’une optique « uniquement politique ». Comment l’expliquer ?

Valérie Faudon : La négociation sur le sujet au PS s’est faite entre les équipes de Martine Aubry et de Cécile Duflot, avant la primaire de la gauche. François Hollande est arrivé tardivement dans les négociations. La justification avancée par François Hollande à l’époque était, dans un entretien au Nouvel Observateur : « Je propose de réduire de 75% à 50% la production d'électricité d'origine nucléaire à l'horizon 2025. Exactement le même effort que les Allemands, qui vont passer de 22% à 0% en quinze ans. » Et évidemment on voit bien que l’Allemagne n’y arrive pas. Mais à l’époque il y avait une vraie admiration pour l’Allemagne en matière de politique énergétique.

Yves Bréchet avait taclé l’inculture politique en matière énergétique et un personnel politique qui ne lisait pas les rapports d’experts avant de prendre des décisions. Est-ce que les auditions laissent transparaître ?

Valérie Faudon : Ce qui est clair, c’est que la question scientifique est compliquée pour un politique, et on l’a bien vu lors de la crise Covid où des experts donnaient en public des avis divergents. La parole scientifique doit être avant tout une parole collégiale, et il est important que des instances scientifiques soient mises en place et donnent des avis publics et documentés. C’est sans doute ce qui a manqué durant toute la période sur la question du nucléaire. Il ne s’agit pas pour le politique d’être scientifique, mais que le scientifique puisse s’exprimer et être une ressource pour le politique. Et cette expression a été mal organisée pendant au moins 10 ans. Le rapport « Futurs Energétiques 2050 », publié par RTE fin 2021, fruit de deux ans de travail et de concertation entre experts de l’énergie, a permis, en créant un cadre commun, les avancées que nous connaissons aujourd’hui.

Ne faut-il pas rechercher les responsabilités aussi lors de la période Jospin/Voynet, eux aussi interrogés ?

Valérie Faudon : Ce qui est étonnant dans le discours de Jospin à l’audition, c’est son explication sur l’arrêt de Superphénix et notamment le très court délai pour prendre cette décision, il explique avoir pu faire l’instruction en 1997 entre son élection et son discours de politique général 15 jours plus tard. Il déclare qu’il s’agissait avant tout d’une décision industrielle. Mais l’instruction de ce dossier ne peut pas avoir été faite convenablement si rapidement. Superphénix était un projet important sur lequel des fonds étaient avancés, qui comptait pour l’industrie française, pour la recherche, etc.

Quel bilan tirer de ces auditions ?

Ludovic Dupin : C’est un très bel exercice qui remet en perspective les décisions de ces 20 dernières années. Les intervenants sont de bonne foi, on voit clairement que la parole scientifique n’a pas toujours été écoutée ou qu’elle n’était pas la priorité de l’agenda. C’est une source documentaire incroyable.

Valérie Faudon : Chaque acteur rappelle bien quelle était la situation et sa position au moment où il était aux manettes, c’est un effort de contextualisation qui est important et nécessaire. Mais le coeur de la problématique, c’est la parole des experts, comment elle est orchestrée et prise en compte par le politique.

Pour « changer le monde », devenez ingénieur !

La rédaction - 2 février 2023

Patrick Caine, Directeur général de Thales, se montre inquiet de « l’extraordinaire perte d’influence des experts techniques dans la prise de décision politique en matière d’énergie». Plus particulièrement dans un pays comme la France qui a subi une « profonde vague de désindustrialisation» qui l’a appauvri et a détruit une partie de son tissu économique et social.

Face au retour en force d’un millénarisme quasi-religieux et l’avalanche de nouveaux prophètes de l’apocalypse, sans cesse relayés par des médias complaisants, qui nous promettent la «disparition» de la planète, certains diplômés semblent perdus et rejettent la science et la technologie. Le Directeur général de Thales, Patrice Caine, a pris le contrepied du nihilisme ambiant en appelant les jeunes à devenir ingénieurs plus que jamais pour être capables de « changer le monde».

«Si vous voulez changer le monde, devenez ingénieurs: voilà ce que nous devrions dire à nos enfants. Ces formations et ces métiers constituent notre seul véritable levier pour faire advenir, à l’échelle pertinente, de nouvelles manières de produire, d’habiter, de consommer», a affirmé Patrick Caine dans une tribune publiée par le Journal du Dimanche. Le texte est titré: «Remettons l’ingénieur au coeur de la cité».

« Extraordinaire perte d’influence des experts technique »

La remise en cause de la science, des progrès matériels et technologiques et des ingénieurs peut paraître saugrenue aujourd’hui. En ce début d’année 2023 marqué par une crise énergétique majeure, une pénurie massive de compétences scientifiques et techniques, la diffusion à grande échelle de théories complotistes facilitée par la baisse générale du niveau scolaire, les lendemains d’une pandémie planétaire et le retour au premier plan des enjeux de souveraineté industrielle. Mais elle est la conséquence bien réelle d’une guerre idéologique menée par les «défenseurs de la planète».

Patrick Caine s’inquiète ainsi de «l’extraordinaire perte d’influence des experts techniques dans la prise de décision politique en matière d’énergie» dans un pays qui a subi une «profonde vague de désindustrialisation» qui l’a appauvri et a détruit une partie de son tissu économique et social, notamment dans la France dite périphérique.

Une allusion au réquisitoire hallucinant à la fin de l’année dernière devant la Commission d’enquête de l’Assemblée nationale sur la Souveraineté et l’indépendance énergétique, d’Yves Bréchet, ancien Haut-commissaire à l’énergie atomique. Il avait notamment dénoncé «l’ignorance stupéfiante» des politiques sur l’énergie. L’inculture crasse scientifique et technique de la classe politique étant pour Yves Bréchet «au coeur du problème » de la politique énergétique française».

« Se condamner à l’inaction »

«A court terme, nous allons devoir rapidement développer les énergies renouvelables, les nouvelles générations de pompes à chaleur, des nouvelles technologies de batteries, concevoir des bâtiments à énergie passive, de nouvelles modalités de transport bas carbone, qui va s’en charger, si ce ne sont pas les ingénieurs?» s’interroge Patrick Caine.

Ingénieur de formation, M. Caine était déjà intervenu dans le débat public au début de l’année 2022 pour demander avec une trentaine d’autres patrons de «sauver les maths» et renforcer l’enseignement des sciences à l’école face à la vague de remise en cause de la compréhension même basique du fonctionnement du monde. Sa tribune fait notamment suite à la «remise en cause de la formation qu’ils venaient de recevoir» par un groupe de jeunes diplômés d’AgroParis Tech en mai dernier «au nom de l’écologie».

«Qu’on le veuille ou non, notre monde est modelé par la technique. Il en est ainsi depuis que l’espèce humaine s’est sédentarisée il y a quinze mille ans, et nous savons qu’il n’y aura pas de retour en arrière… Les ingénieurs ne sont pas ceux qui en savent le plus sur notre environnement, mais ce sont eux en revanche qui savent le mieux comment agir sur lui», explique M. Caine. «Et refuser d’admettre cette réalité en y voyant du techno-solutionnisme, c’est en pratique se condamner à l’inaction et à un avenir bien sombre», affirme le patron du groupe d’aérospatiale et d’électronique.

«Oui, nous allons devoir repenser certains aspects de nos modes de vie, de notre rapport à la nature, voire de notre organisation sociale… Chercher des réponses à des problèmes complexes en prenant les contraintes de l’environnement et en optimisant l’usage des ressources, ce pourrait être la définition même du métier d’ingénieur».

"Un poison", "une monstruosité", "absurde" : le réquisitoire de trois anciens PDG d'EDF contre l'Arenh

par Maxence Kagni, le Jeudi 15 décembre 2022 à 16:22, mis à jour le Vendredi 16 décembre 2022 à 12:11

Auditionnés à l'Assemblée nationale par la commission d'enquête "visant à établir les raisons de la perte de souveraineté et d'indépendance énergétique de la France", trois anciens PDG d'EDF, Pierre Gadonneix (2004-2009), Henri Proglio (2009-2014) et Jean-Bernard Lévy (2014-2022), ont tiré à boulets rouges sur le mécanisme de l'accès régulé à l'électricité nucléaire historique (Arenh) mis en place dans le cadre du marché européen de l'électricité. Ils n'ont pas de mots assez durs : une "pilule empoisonné" selon l'un, "surréaliste" pour l'autre, tandis que le troisième évoque un "mécanisme pernicieux". Tour à tour auditionnés, ces derniers jours, par les députés de la commission d'enquête "visant à établir les raisons de la perte de souveraineté et d'indépendance énergétique de la France", trois anciens PDG d'EDF ont vivement mis en cause le mécanisme de l'accès régulé à l'électricité nucléaire historique (Arenh), qui régente le marché de l'électricité en France.

Devant les députés, Pierre Gadonneix (2004-2009), Henri Proglio (2009-2014) et Jean-Bernard Lévy (2014-2022) ont dénoncé ce dispositif introduit par la loi "portant nouvelle organisation du marché de l'électricité" (NOME) de 2010, en vigueur depuis juillet 2011. Cette loi a permis l'ouverture à la concurrence du marché de la production d'électricité, conformément à une directive européenne. L'Arenh impose à EDF de vendre à ses concurrents son électricité nucléaire, à un prix fixé par avance, à savoir 42 euros le mégawattheure.

Une loi qui a fait "la fortune de traders"

Auditionné le 8 décembre, Pierre Gadonneix a été le premier à remettre en cause un mécanisme qu'il juge "monstrueux" et "absurde" : "Quand j'en ai entendu parler, là j'ai hurlé", a déclaré l'ancien PDG d'EDF, en poste de 2004 à 2009. L'ancien patron de l'entreprise publique ne comprend pas pourquoi EDF doit "subventionner ses concurrents."

C'est quelque chose qu'on n'aurait jamais dû accepter. Pierre Gadonneix

Une position semblable à celle de son successeur, Henri Proglio, qui était auditionné le mardi 13 décembre. "Le principe même pour un industriel d'accepter de céder sa propre production à ses concurrents virtuels, qui n'ont aucune obligation de production eux-mêmes, c'est quand même surréaliste", a déclaré l'ancien PDG. Pour lui, l'Arenh a "fait la fortune de traders".

Un tarif "fixé par voie autoritaire"

Henri Proglio dénonce également le prix du mégawatt-heure, "fixé par voie autoritaire". L'ancien patron dit s'être "battu sans relâche pour obtenir 42 euros" alors que les pouvoirs publics envisageaient un prix plus bas.

Un chiffre qui n'a pas évolué depuis 2011, note Jean-Bernard Lévy, qui vient de quitter ses fonction de PDG d'EDF. Lors de son audition, mercredi 14 décembre, il a qualifié l'Arenh de "poison". Jean-Bernard Lévy regrette que le prix fixé soit "manifestement sous-évalué". Pire encore, quand le prix du mégawattheure sur le marché de gros européen est passé sous les 42 euros, "dans les derniers mois de l'année 2015", les concurrents d'EDF ont cessé de lui acheter de l'électricité, puisqu'ils pouvaient "acheter sur le marché à un prix inférieur". Résultat, en 2016 et 2017, EDF s'est retrouvée "avec des recettes très inférieures" : "EDF est en somme une deuxième fois victime de l'Arenh", explique Jean-Bernard Lévy.

"Ce manque à gagner [a] contraint EDF à un plan de restructuration sévère qui, de fait, [a été] imposé par les agences de notation qui [ont dégradé] à trois reprises la dette d'EDF", ajoute encore Jean-Bernard Lévy. C'est à ce moment-là que l’État a décidé de venir en aide à l'entreprise, en renonçant "pour la première fois aux dividendes d'EDF payés cash" et en souscrivant "à hauteur de 3 milliards d'euros à une augmentation de capital".

C'est la première fois que le contribuable vient sortir l'entreprise nationale d'une situation créée par une mauvaise loi. Jean-Bernard Lévy

Les problèmes financiers ont ensuite eu d'autres conséquences : "La situation [de l'entreprise] s'est dégradée parce que l'histoire de l'Arenh, cette pilule empoisonnée, a très sérieusement remis en cause le business model d'EDF, qui n'avait plus les moyens de faire des investissements non immédiatement rentables", a expliqué Pierre Gadonneix.

Jean-Bernard Lévy juge quant à lui que l'Arenh, "un mécanisme pernicieux", "va croissant sur l'endettement d'EDF au rythme d'environ 3 à 4 milliards d'euros chaque année". Un chiffre corroboré par un rapport parlementaire de 2021. Résultat, l'ancien PDG affirme qu'il n'a pas eu "les moyens financiers" nécessaires pour investir sur les énergies renouvelables "sur le rythme [qu'il] aurait voulu".

Selon Jean-Bernard Lévy, le mécanisme a une autre conséquence néfaste : "Des concurrents d'EDF, l'Arenh fait des rentiers", explique l'ancien patron de l'entreprise, qui ajoute que "tous les risques sont portés par EDF". Cela n'a pas incité les concurrents de l'entreprise publique française "à créer des capacités de production propres" : "L'Arenh a donc mis un frein au développement d'une capacité énergétique souveraine sur notre sol par les opérateurs alternatifs."

"L'obsession allemande"

Pierre Gadonneix et Henri Proglio rendent l'Union européenne et l'Allemagne responsable de la situation. "Le pouvoir politique allemand était très conscient que la France avait un avantage particulier avec les prix de l'électricité bas", a par exemple déclaré Pierre Gadonneix, qui a dénoncé une "collusion bruxelloise et allemande" visant à protéger l'industrie allemande. Pour lui, "Bruxelles a introduit des pilules empoisonnées pour empêcher EDF de s'imposer sur le marché". L'Arenh en serait une.

"Comment voulez-vous que ce pays qui a fondé sa richesse, son efficacité, sa crédibilité, sur son industrie accepte que la France dispose d'un outil compétitif aussi puissant qu'EDF à sa porte ?", a de son côté demandé Henri Proglio.

L'obsession allemande depuis 30 ans c'est la désintégration d'EDF. Ils ont réussi. Henri Proglio

La prédominance allemande a même eu d'autres conséquences négatives, selon Henri Proglio : "Le prix de marché a été indexé sur le gaz (...) parce que les Allemands utilisent le gaz." "Toute [réglementation] européenne est une réglementation allemande", a estimé l'ancien PDG d'EDF devant les députés de la commission d'enquête, qui poursuivront leurs auditions en début d'année prochaine.

Accélérer le développement des énergies renouvelables : les X impasses intellectuelles d’un projet de loi

Ce mardi, les députés doivent voter le projet de loi visant à accélérer le déploiement des énergies renouvelables.

Philippe Charlez

Atlantico : Limitation des recours, absence de « droit de veto » pour les maires, pas de distance minimale pour l’éolien en mer...dans quelle mesure le projet de loi visant à accélérer le déploiement des énergies renouvelables est-il à contretemps ?

Philippe Charlez : Limitation des recours, absence de droit de veto pour les maires, pas de distance minimale pour l’éolien en mer, ce projet de loi visant à accélérer le déploiement des énergies renouvelables s’inscrit dans la droite ligne du discours de Belfort (10 février 2022). Emmanuel Macron y avait présenté des objectifs plus qu’ambitieux en termes de renouvelables pour l’horizon 2050 : 100 GW de solaire photovoltaïque (x10), 37 GW d’éolien terrestre (x2) et 40 GW d’éolien off-shore (soit de 80 parcs équivalents à celui en cours de construction à Fécamp). Quand on sait que 80% des projets renouvelables font l’objet de recours (surtout pour l’éolien) et que le temps moyen pour qu’un projet aboutisse est de huit ans (soit deux fois plus qu’Outre Rhin), ces objectifs pratiquement inatteignables ne pouvaient s’encombrer…de la « mauvaise humeur de riverains égoïstes ».

La transition énergétique reposant sur le « grand remplacement » des équipements thermiques par des équipements électriques, la consommation d’électricité devrait croitre significativement au cours des prochaines décennies. Mais la question centrale est de savoir d’où viendra cette électricité ?

En filigrane de l’Energiewende allemand ayant stupidement décidé de diaboliser le nucléaire après la catastrophe de Fukushima, le Green Deal adoubé par les Verts et la Gauche européenne a imposé aux pays européens une politique électrique principalement articulée autour des énergies renouvelables solaire et éolien pour l’essentiel. Au cours des dernières années la plupart des investissements y ont été consacrés alors que la filière nucléaire était complètement oubliée. Les renouvelables étant intermittents et ne pouvant fonctionner sans le support d’une source pilotable, le gaz naturel a été implicitement choisi comme « meilleur ami des renouvelables ». Tant que les prix du gaz étaient bas les européens n’y ont vu que du feu. Mais, la crise d’offre du gaz apparue à l’été 2021 a fait exploser les prix du gaz et par ricochet ceux de l’électricité indexée sur le prix du gaz. La crise russo-ukrainienne a bien évidemment renforcé cette crise d’offre.

Mais comme souvent pour la Gauche quand le clou ne rentre pas c’est parce qu’on n’a pas frappé assez fort. Au lieu de changer de cap et de reconnaître que le Green Deal est une impasse, l’Europe a décidé de continuer d’enfoncer le clou et d’investir massivement dans les ENR intermittents. Le résultat est connu : il ne fera qu’augmenter notre dépendance gazière.

         

mardi 14 février 2023

Mémoires et radotages (454) – Le " roi de l'emballage "

 

Pour la Saint trucmachin... J'ai eu droit à ce compliment cette critique moqueuse... concernant l'emballage... Ma foi, je m'y attendais et je m'étais fait la même réflexion... Comme quoi, c'est davantage l'emballage qui compte plutôt que ce qu'il y a dedans...

        

vendredi 10 février 2023

Le pouvoir Macronien réprime la liberté de parole – La dictature est en place !

 

C8, CNews, les médias d’opposition de Bolloré dans le collimateur : quand le système panique

Marc Baudriller 9 février 2023 – Article en accès totalement libre

https://www.bvoltaire.fr/c8-cnews-les-medias-dopposition-de-bollore-dans-le-collimateur-quand-le-systeme-panique/?utm_source=La+Gazette+de+Boulevard+Voltaire&utm_campaign=515a15b0fe-MAILCHIMP_NL&utm_medium=email&utm_term=0_71d6b02183-515a15b0fe-31103909&mc_cid=515a15b0fe&mc_eid=7d84dcff29

Les coups pleuvent sur l’homme d’affaires Vincent Bolloré et ses médias qui encaissent simultanément trois mauvaises nouvelles. Ce 9 février 2023 au lever du soleil, à la question de Léa Salamé « C8 et CNews pourraient perdre leur fréquence ? », le ministre de la Culture Rima Abdul-Malak a précisé, sur France Inter, qu'« il y des obligations à respecter, il y a déjà eu une vingtaine d’interventions de l’Arcom depuis 2019 pour C8 et CNews […] Je rappelle juste le cadre qui existe, c’est important. » On a connu plus rassurant. Désormais, les fréquences des chaînes gratuites du groupe Canal+, C8 et CNews apparaissent clairement menacées. Elles pourraient être réattribuées à d'autres opérateurs plus « coopératifs » avec le système, voire avec le pouvoir, lors de leur renouvellement en 2025, sauf à rentrer dans le rang du politiquement correct, l'œil bas, la mine humble et la corde au cou.

Le deuxième coup est tombé ce 9 février au crépuscule avec la décision de l’Arcom, l'organisme qui a succédé au CSA : l'émission « Touche pas à mon poste ! » diffusée le 10 novembre 2022 sur la chaîne C8, propriété du groupe Bolloré, écope d’une amende hors de proportion avec les sanctions passées, d’un montant de 3,5 millions d'euros !

 

Dans une conversation portant sur le bateau de migrants Ocean Viking, Cyril Hanouna avait contesté avec animosité les propos du député LFI Louis Boyard qui s’en prenait aux cinq personnes les plus riches de France, dont Vincent Bolloré, coupables selon lui d’« appauvrir l’Afrique ». Hanouna lui reprochait vertement de n’avoir pas rechigné à « prendre un salaire » du même Bolloré lorsqu’il était chroniqueur dans son émission et de revenir sans vergogne mordre la main qui l'avait nourri.

 

« Atteinte aux droits de l’invité, au respect de son honneur et de sa réputation », « méconnaissance par l’éditeur de son obligation de maîtrise de son antenne » : c’est peu dire que le gendarme de l’audiovisuel a eu la main lourde. Le régulateur considère que l'invité a été « explicitement empêché d'exprimer en plateau un point de vue critique à l'égard d'un actionnaire du Groupe Canal+, auquel appartient le service de télévision C8, et que, par suite, l'émission n'avait pas été réalisée dans des conditions qui garantissent l'indépendance de l'information. »

 

Il est vrai que le service public, par exemple, nous a habitués à tant d'indépendance qu’on y entend tous les jours, par exemple, ceux qui souhaitent la privatisation de ses antennes… Dans l’histoire des sanctions infligées aux chaînes de télévision, le montant de l’amende est pharaonique. Déjà, en 2017, une amende de 3 millions d’euros contre la même chaîne pour un canular jugé homophobe avait défrayé la chronique et créé un précédent inédit. Record battu !

 

Tout est fait pour faire plier celui qui est devenu l’ennemi médiatique numéro un du système, Vincent Bolloré, propriétaire de l'insupportable chaîne d'opposition CNews. Car ce n’est pas tout. Par un hasard assez extraordinaire - troisième coup -, le quotidien Le Monde publie une interview très violente de l’écrivain Erik Orsenna qui lancera, dans une petite semaine, le 16 février, un conte-pamphlet consacré à Bolloré. Son titre : Histoire d’un ogre. L’écrivain qui vantait servilement en 2009 la Charte des valeurs du groupe Bolloré, comme le rappelle le journaliste Olivier Tesquet, louant alors « la fidélité et la liberté d’entreprendre » du génie breton, s'est aperçu de son erreur. Il estime aujourd'hui l'industriel « dangereux pour la démocratie ». Tout bonnement.

 

Ainsi, l’honneur du délicat Louis Boyard est-il évalué par l'Arcom à 3,5 millions d’euros. Combien vaudra celui de Bolloré, qualifié par Orsenna « d’ogre », de « prédateur qui n’apporte rien d’autre aux entreprises que son nom » ! L'écrivain sera bientôt auditionné par la Commission européenne sur la liberté éditoriale et les grands groupes de presse et d’édition. On se disait aussi que l’Europe ne devait pas être loin. « Le combat ne fait que commencer », lance l'écrivain. Il ne fait pas bon posséder des médias d'opposition au pouvoir dans la France des droits de l'homme. La violence de l’attaque impose à Bolloré, qui n’aime pas cela, de sortir du bois.

 

« Des critiques récentes sur le travail réalisé par les chaînes du groupe Canal+ et certaines accusations ad hominem pour promouvoir la sortie prochaine d’un livre ne peuvent être laissées sans réaction », répond Vivendi dans un communiqué du 9 février. Le groupe piloté par Bolloré ne se trompe pas de combat : « La liberté d’expression, en France, est un droit fondamental, rappelle-t-il. Notre seul rôle, en tant que groupe de médias et de contenus, est de favoriser un débat sain qui entretient la démocratie, de favoriser l’échange d’idées et de cultures, l’ouverture d’esprit et l’esprit critique. »

 

Apparemment, ce n’est pas l’avis de tout le monde. Orsenna, dans cet entretien au Monde, dévoile la teneur très politique du conflit : « S’il n’avait pas mis tout son empire au service d’Éric Zemmour, je ne me serais jamais lancé dans cette croisade », explique l’écrivain qui part donc en guerre contre la liberté éditoriale. Comme un coup de projecteur explicatif involontaire, Le Monde encore, daté du 10 février, titre en manchette : « Politique : l’extrême droite tétanise la majorité présidentielle. » Avec l'évolution des sondages, c’est tout un système qui tremble sur ses bases, de peur. Et qui mord.

 

PS. : à l'intention des esprits malveillants, précisons que BV ne reçoit pas un kopeck de Bolloré ou de son empire.

Note de zalandeau : Quand les Français comprendront-ils que le régime Macronien a une bonne part d’oligarchie et d’autoritarisme. Il ne respecte pas le peuple, la liberté de parole et ne se préoccupe que de la bonne fortune des grands !

PS : Eric Orsenna est (on le savait déjà) un toutou fidèle au pouvoir actuel…

         

lundi 6 février 2023

Symptômes et diagnostic du diabète

 

13 décembre 2021 sur ameli (accès totalement gratuit)

Le diabète de type 1 est le plus souvent diagnostiqué en présence de symptômes qui apparaissent rapidement. Le diagnostic du diabète de type 2 est fréquemment identifié par hasard. Une prise de sang confirme le diagnostic.

Diabète de type 1 : symptômes et diagnostic

Les symptômes du diabète de type 1

Les symptômes du diabète de type 1 apparaissent brutalement, en quelques jours ou quelques semaines. Les principaux signes caractéristiques de l’

sont :

  • une augmentation du besoin d’uriner, qui devient fréquent et survient nuit et jour, avec des urines abondantes (polyurie) ;
  • une augmentation de la soif (polydipsie) ;
  • une perte de poids malgré un appétit qui augmente ;
  • une fatigue importante ou une vision trouble.

Si le diabète n'est pas traité, d'autres signes apparaissent :

  • des nausées et des vomissements ;
  • une perte d'appétit ;
  • une somnolence ;
  • des troubles de la vue plus importants ;
  • un parfum fruité de l'haleine et une odeur anormale des urines dus à la production de corps cétoniques (substances issues de la dégradation des graisses dans l’organisme).

Quand doit-on suspecter un diabète chez le très jeune enfant ?

Soif importante, urines fréquentes, énurésie secondaire (« pipi » la nuit alors que l'enfant était déjà propre), fatigue, amaigrissement, douleurs abdominales, nausées, vomissements, infections cutanées récidivantes... sont des signes qui peuvent faire suspecter un diabète chez un jeune enfant. En présence de ces symptômes chez votre enfant, consultez rapidement votre médecin traitant.

Comment est posé le diagnostic du diabète de type 1 ?

Le diabète de type 1 est le plus souvent diagnostiqué en présence de symptômes ; il est rarement découvert au cours d'un bilan médical, pour un autre motif.

Le diagnostic de diabète est établi grâce à une prise de sang qui dose le taux de sucre (glycémie) dans le sang. Le diagnostic est posé lorsque :

  • la glycémie, à n'importe quel moment de la journée, est supérieure à 2 g/l en présence de symptômes ;
  • la glycémie à jeun est supérieure ou égale à 1,26 g/l, contrôlée à deux reprises en l'absence de symptômes.

Afin de confirmer le résultat du dosage de la glycémie à jeun, le médecin prescrit une seconde prise de sang.

Lorsque le diagnostic est posé, un bilan initial permettant le suivi médical du diabète est prescrit par votre médecin traitant ou un diabétologue :

  • un bilan sanguin : dosage de l’HbA1c, bilan lipidique, bilan de la fonction rénale ;
  • un bilan urinaire à la recherche d’une atteinte rénale ;
  • une consultation ophtalmologique.

D’autres examens peuvent être nécessaires selon chaque cas.

L'exonération du ticket modérateur

Le diabète de type 1 est reconnu affection de longue durée (ALD). Les examens et les soins en rapport avec cette pathologie sont pris en charge à 100 % (dans la limite des tarifs de l’Assurance Maladie). Parlez-en à votre médecin traitant.

Diabète de type 2 : symptômes et diagnostic

Diabète de type 2 : les symptômes sont tardifs

Le diabète de type 2 évolue souvent en silence (sans aucun symptôme) pendant plusieurs années, car la glycémie augmente très progressivement.

Le plus souvent, le diagnostic est fait par hasard, à l’occasion d’une analyse de sang ou lors d’un dépistage du diabète.

Des symptômes existent parfois et sont susceptibles de vous alerter. Ils peuvent apparaître progressivement, après plusieurs années d’évolution :

  • une augmentation du besoin d’uriner ;
  • une augmentation de la soif ;
  • une diminution du poids de manière inexpliquée alors que l’appétit augmente ;
  • une fatigue ;
  • des démangeaisons au niveau des organes génitaux ;
  • une cicatrisation très lente d’une plaie ;
  • une vision trouble ;
  • des infections plus fréquentes.

Parfois, une complication du diabète se manifeste en premier et va permettre le diagnostic.

Comment est posé le diagnostic du diabète de type 2 ?

Afin de diagnostiquer un diabète de type 2, une prise de sang réalisée à jeun est nécessaire. Elle permet de mesurer la glycémie. Pour que les résultats soient justes, il faut auparavant respecter un jeûne de 8 heures.

Le diagnostic est posé lorsque cette glycémie à jeun est égale ou supérieure à 1,26 g/l (ou 7 mmol/l) et est constatée à 2 reprises.

Une fois le diabète découvert, votre médecin traitant vous examine et demande plusieurs examens complémentaires.

L'examen clinique complet inclut :

  • la mesure du poids et de la taille ;
  • le calcul de l’indice de masse corporelle (IMC) ;
  • l'examen du cœur et des vaisseaux sanguins (prise des pouls et mesure de la tension artérielle) ;
  • l'examen neurologique...

Le bilan biologique comporte :

  • le dosage de l’hémoglobine glyquée (ou HbA1c), reflet de la glycémie sur les 3 derniers mois ;
  • le taux de graisses dans le sang (cholestérol, triglycérides…) ;
  • l'analyse de la fonction rénale...

Parmi les examens complémentaires :

L'exonération du ticket modérateur

Le diabète de type 2 est reconnu affection de longue durée (ALD). Les examens et les soins en rapport avec cette pathologie sont pris en charge à 100 % (dans la limite des tarifs de l’Assurance Maladie). Parlez-en à votre médecin traitant.

        

samedi 4 février 2023

Nicolas Bay contre le communautarisme - le Parlement européen invente le délit d’opinion

 

Écrit par Marc Eynaud 3 février 2023

https://www.bvoltaire.fr/nicolas-bay-contre-le-communautarisme-le-parlement-europeen-leve-son-immunite-parlementaire/?utm_source=La+Gazette+de+Boulevard+Voltaire&utm_campaign=ffbff87eda-MAILCHIMP_NL&utm_medium=email&utm_term=0_71d6b02183-ffbff87eda-31103909&mc_cid=ffbff87eda&mc_eid=7d84dcff29

  Il faut arrêter le communautarisme, quand on sait qu’il importe à la fois de la délinquance, de la criminalité et du terrorisme comme on l’a vu avec l’assassin de Samuel Paty à Conflans-Sainte-Honorine il y a quelques mois. Il était originaire d’Évreux, d’un quartier tout proche d’ici ». C’est  à cause de cette déclaration diffusée en 2020 dans une courte vidéo réalisée devant la mosquée d’Évreux que Nicolas Bay, alors tête de liste du Rassemblement national aux élections régionales de Normandie, vient de perdre son immunité parlementaire de député européen. Celui qui est aujourd’hui vice-président de Reconquête a vu ses collègues du Parlement européen voter la levée de son immunité à main levée dans le cadre d’une enquête pour incitation à la haine raciale lancée après le signalement du conseiller régional normand Parti socialiste Timour Veyri. « Je me félicite que les propos inqualifiables de M. Bay à l’encontre de nos concitoyens d’Evreux puissent lui valoir demain une comparution devant la justice de notre pays », a réagi Timour Veyri dans un communiqué de presse publié ce jeudi 2 février.

Nicolas Bay a réagi dans une courte vidéo Twitter publiée le même jour : « Sur demande d’Éric Dupond-Moretti, le Parlement européen vient de lever mon immunité parlementaire. Ce qu’on me reproche ? Avoir dénoncé la construction d’une mosquée monumentale avec minaret et école coranique près d’Évreux. Comptez sur moi pour me battre devant la justice ». Sa révolte, l'eurodéputé l'exprime clairement. « Le parlement européen n’a pas levé cette immunité sur des critères juridiques mais politiques », estime Nicolas Bay, contacté au téléphone par BV. L'élu européen note tout de même « le soutien de près de 200 collègues » qui se sont prononcés contre cette levée d'immunité.

 

Un délit d’opinion ? C’est ce que pensent les deux autre vice-présidents du parti d’Eric Zemmour. L’ancien député LR de Sologne Guillaume Peltier a réagi jeudi sur Twitter : « Je te soutiens totalement mon cher Nicolas Bay : ils ne nous feront pas taire et nous continuerons ensemble à dénoncer l’islamisation de notre pays. La France et notre identité millénaire méritent notre fier combat ». De son côté, Marion Maréchal a vertement tancé le garde des Sceaux Eric Dupond-Moretti : « L’immunité est justement faite pour défendre la liberté d’expression. Que Eric Dupond-Moretti s’occupe de mettre les criminels en prison plutôt que de chercher à museler l’opposition. Cela évitera que des multirécidivistes s’en prennent à des innocents », a tweeté l’ancienne députée FN de Vaucluse.

 

Nicolas Bay dénonce l’atteinte à la liberté d’expression dont il est victime. « Le délit d’opinion ne frappe que les militants patriotes quels que soient leurs mandats. La loi Gayssot est utilisée comme arme politique », a-t-il réagi auprès de BV.

 

Note de zalandeau : Sommes-nous encore en démocratie ? Lorsque une société veut interdire la liberté d’expression et invente des délits d’opinion là où il n’y a pas de délit… c’est que cette société est devenu une dictature… Quand nous débarrasserons-nous de cette Europe que nous voulions démocratique et qui ne l'est pas ? Également, quand nous débarrasserons-nous des politiciens Français qui veulent museler la liberté d'expression sous des prétextes fallacieux ?

       

mercredi 1 février 2023

Agueusie : tout savoir sur la perte de goût

 

Paru sur passeport santé

Rédaction : Quentin Nicard  Journaliste scientifique 06 juillet 2022, à 14h53

L'agueusie désigne la perte de goût. Elle est aussi très souvent associée à une perte d’odorat, appelée « anosmie ». Quelle soit temporaire ou persistante, partielle ou totale, la privation de goût peut avoir de nombreuses origines.

 

Depuis la pandémie de la Covid-19, vous avez certainement entendu parler d'« agueusie ». L'agueusie est devenue plutôt célèbre, car elle désigne l'un des symptômes les plus fréquents de la Covid-19 : la perte de goût.

 

Mais quel est vraiment ce trouble olfactif qui vient affecter votre vie quotidienne ?

 

Qu’est-ce que l’agueusie, ou la perte de goût ?

 

L’agueusie est un trouble du goût caractérisé par la perte, la diminution ou l’absence du sens du goût.

 

Elle est due à une altération de différents récepteurs sensoriels, dont les papilles gustatives. Elle peut être considérée comme :

 

  • une agueusie totale lorsqu’elle est caractérisée par la perte de la perception des cinq saveurs : le sucré, le salé, l’amer, l’acide et l’umami ;
  • une agueusie partielle, aussi nommée hypoagueusie, lorsque la perte de goût concerne uniquement certaines saveurs.

Quelles sont les causes de l'agueusie ?

 

L’agueusie peut avoir de nombreuses explications mais est souvent associée à une anosmie, c’est-à-dire une perte de l’odorat.

 

C’est d’ailleurs pour cette raison que les professionnels de santé évoquent parfois le syndrome d’anosmie-agueusie.

 

Avec ou sans anosmie, une agueusie peut être causée par :

 

  • une lésion nerveuse, particulièrement au niveau du nerf glosso-pharyngien ;
  • une paralysie faciale ;
  • un traumatisme ;
  • une affection des voies respiratoires, notamment lors d’un rhume ou d’une pneumonie ;
  • l’inhalation de substances toxiques ;
  • le vieillissement, qui peut induire une altération des récepteurs sensoriels ;
  • le tabagisme ;
  • un cancer ;
  • les traitements du cancer (chimiothérapie et radiothérapie) ;
  • le diabète
  • la prise de certains médicaments dont certains inhibiteurs calciques, antiarythmiques, anti-épileptiques, chélateurs du cuivre ou de façon plus rare certains hypoglycémiants.

 

Quelles sont les conséquences d'une perte de sensibilité gustative ?

 

Si l’agueusie ne constitue pas un risque direct pour la santé, elle peut avoir des conséquences néfastes lorsqu’elle persiste.

 

Les troubles de l'odorat et du goût sont d'ailleurs des symptômes caractéristiques de la covid-19. Ces symptômes peuvent chez certaines personnes persister, pendant de longues semaines.

 

Sur le long terme, la perte de goût peut induire :

 

  • des troubles alimentaires, comme l'anorexie et la boulimie qui sont dus à l’absence de plaisir lors de la dégustation d’un plat ;
  • une sensation de mal-être, qui peut se manifester par une baisse de moral, d’intérêt et de motivation, et qui peut conduire dans les cas les plus graves à des troubles dépressifs, un repli sur soi et un isolement.
  •  

Enfin, l'agueusie avec anosmie constitue potentiellement un problème de sécurité. La perte de goût et d’odorat limite, voire empêche, la détection de certains signaux d’alerte, tels qu’un goût âcre dans la bouche ou une odeur de fumée.

 

Perte de goût : comment le retrouver ?


Diagnostiquer l’agueusie


Traiter l’agueusie dépend de l’origine de la perte de goût. Le diagnostic peut être réalisé par un médecin généraliste ou un oto-rhino-laryngologiste en cas d’agueusie avec anosmie. Pour confirmer ou approfondir un diagnostic, certaines analyses médicales peuvent être appliquées. Un examen d’électrogustométrie peut être effectué pour analyser l’origine de la perte du goût.

 

Traiter l’agueusie

 

Selon le diagnostic, plusieurs solutions peuvent être envisagées pour traiter ou limiter l’agueusie. Un traitement médicamenteux peut, par exemple, être prescrit lorsque le syndrome d’anosmie-agueusie est dû à une infection des voies respiratoires.

 

Les complications de la perte de goût peuvent également être limitées grâce à un travail d’apprentissage, de reconnaissance et de réhabilitation des aliments.

 

Plus de goût, plus d'odorat ? Pour cela, la rééducation olfactive existe. Retrouver le goût et l'odorat peut prendre du temps, mais plus on s'y prend tôt, meilleurs sont les résultats.

 

Prévenir l’agueusie

 

Il est possible de prévenir la survenue de certaines formes d’agueusie et d’anosmie en limitant certains facteurs de risque.

 

Il est notamment conseillé de :

 

  • éviter la consommation de tabac, arrêter de fumer ;
  • maintenir une alimentation saine et équilibrée.