VIDAL - Mis à jour : Lundi 15 Novembre 2021
Cet article, destiné au grand public et
rédigé par un rédacteur scientifique, reflète l'état des connaissances sur le
sujet traité à sa date de mise à jour. L'évolution ultérieure des connaissances
scientifiques peut le rendre en tout ou partie caduc. Il n'a pas vocation à se
substituer aux recommandations et préconisations de votre médecin ou de votre
pharmacien.
Qu’est-ce que l’arthrose ?
L'arthrose, également appelée rhumatismes, est un
vieillissement des articulations lié à leur usure. Elle résulte de facteurs
héréditaires et de facteurs liés au mode de vie. L'utilisation excessive de
certaines articulations pour des motifs sportifs ou professionnels, pendant de
nombreuses années, favorise l'apparition de l’arthrose.
L’obésité y contribue en surchargeant les
articulations des hanches, des genoux et des chevilles. Les femmes sont trois
fois plus touchées par l’arthrose que les
hommes.
L’arthrose est-elle une maladie fréquente ?
L'arthrose est la maladie des articulations la plus
répandue en France. Les formes d’arthrose les
plus fréquentes sont l’arthrose cervicale
(responsable de maux de nuque), l’arthrose
lombaire (responsable de mal de dos), l’arthrose
des doigts (responsable de déformations), l’arthrose
de la hanche et du genou mais également celle de l’épaule, du coude, du poignet
ou des chevilles. Les femmes sont trois fois plus touchées que les hommes.
C’est un réel problème de santé public, qui représente une des principales
causes de la perte d’autonomie des personnes âgées.
Quels sont les symptômes de l’arthrose ?
Les symptômes de l’arthrose
sont des douleurs et des raidissements des articulations. Les
douleurs sont plus intenses au réveil, jusqu'à ce que les
articulations s’échauffent, ou après un exercice plus soutenu
qu'à l’ordinaire. La maladie évolue par poussées, des épisodes
douloureux alternant avec des périodes d’accalmies. Les formes d’arthrose les plus fréquentes sont l’arthrose du cou, du dos, des doigts, de la hanche et
du genou mais elle peut également toucher l’épaule, du coude, du poignet ou des
chevilles.
Quelles sont les causes de l’arthrose ?
L'arthrose est probablement une maladie résultant de
facteurs héréditaires et de facteurs liés au mode de vie. L'utilisation excessive
de certaines articulations pour des motifs sportifs ou professionnels, pendant
de nombreuses années, favorise l'apparition de la maladie. L’obésité y contribue en surchargeant les articulations
des hanches, des genoux et des chevilles. Néanmoins, l'arthrose apparaît également chez des personnes qui ne
présentent aucun de ces facteurs de risque.
|
Arthrite ou arthrose ?
|
|
Il
ne faut pas confondre arthrite et arthrose. L’arthrite
aiguë est généralement due à une infection due à des bactéries. Elle se traduit par une violente inflammation, de la fièvre, et nécessite un
traitement d’urgence. L’articulation est rouge, chaude, enflée et très
douloureuse. L’arthrite
chronique évolue sur de longues périodes. Elle est souvent d’origine
auto-immune (le système immunitaire agresse les cartilages
articulaires) : c’est le cas par exemple de la polyarthrite
rhumatoïde ou de la spondylarthrite
ankylosante.
|
La
prévention de l'arthrose repose sur des mesures
visant à protéger les cartilages articulaires tout au long de la vie. Par
exemple, chez les sportifs, le respect des règles d'échauffement et
l'acquisition de bons gestes techniques vont éviter de surcharger les
articulations. Chez les personnes obèses, perdre du poids réduit les risques d’arthrose des hanches et des genoux.
Pour les personnes
atteintes d'un début d'arthrose, des moyens
simples et efficaces permettent de retarder l'évolution de la maladie.
Faites de l’exercice
L’arthrose peut être aggravée par l’absence d’exercice
physique. Poursuivez ou commencez une activité physique adaptée à votre cas.
Pratiquée avec une intensité modérée et selon certaines règles, elle maintient
les articulations en bonne santé. La marche et la natation sont
particulièrement recommandées. Préférez les sports pratiqués sur un sol élastique
(tennis sur terre battue, jogging sur des chemins de terre, etc.). L'hiver,
planifiez des activités adaptées (natation, aquagym, sports en salle) pour
continuer à faire de l'exercice. Votre médecin ou votre kinésithérapeute vous
indiquera également des exercices à pratiquer chez vous.
Réapprenez à marcher
Certaines
personnes plantent leurs talons dans le sol en marchant, soumettant ainsi leurs
genoux et leurs hanches à des impacts brutaux. Marchez pieds nus sur du
plancher : si vous entendez un bruit sourd à chacun de vos pas, il y a de
fortes chances que vous ayez une démarche trop lourde. Imaginez que vous
marchez sur des coussins d’air. Exercez-vous jusqu’à ce que vous ne fassiez
plus aucun bruit en vous déplaçant.
Chaussez-vous bien
Investissez dans
des chaussures de sport avec de bonnes semelles et des talons qui amortissent
les chocs.
Refroidissez vos articulations
Si, après un
effort, une articulation vous fait mal ou enfle, appliquez-y un sac de glace
couvert d'un tissu sec pendant 15 à 20 minutes. Vous pouvez aussi utiliser
un sac de petits pois congelés, offrant un contact plus enveloppant que des
cubes de glace. Des compresses refroidissantes sont également disponibles en
pharmacie.
Immobilisez l’articulation
Si une
articulation est douloureuse, immobilisez-la avec une orthèse
adaptée (un appareil destiné à limiter les mouvements, disponible en
pharmacie). Toutefois, n'immobilisez pas une articulation au-delà de deux ou
trois jours. Si la douleur persiste, consultez votre médecin.
Evitez le surmenage !
Le repos reste le
meilleur des traitements pour une articulation douloureuse. Évitez les journées
entières de jardinage, de bricolage ou de randonnée intenses ; ne surmenez
pas vos cartilages.
Jusqu'à
récemment, de nombreux compléments alimentaires étaient commercialisés pour
soulager les douleurs liées à l’arthrose, soit
en prévenant la dégénérescence des cartilages (c’est le cas de la
glucosamine, de la chondroïtine sulfate et du SAM-e), soit en diminuant la
fabrication de substances liées à l’inflammation (les
insaponifiables d’huiles d’avocat et de soja, les acides
gras oméga-3 et oméga-6 ainsi que le méthyl sulfonyl méthane ou MSM). En
2012, les autorités sanitaires européennes ont interdit bon nombre de ses
allégations de santé et le marché des compléments alimentaires destinés à
soulager l'arthrose s'est considérablement
réduit.
Quels compléments alimentaires contre
l'arthrose ?
De nombreuses
substances étaient proposées pour soulager les douleurs liées aux rhumatismes.
La glucosamine est
une substance produite par l’organisme qui joue un rôle dans le maintien des
cartilages en bon état. Certaines études cliniques indiquent que, dans le cadre
du traitement de l’arthrose, la glucosamine
contribue à freiner l’évolution de la maladie. Cependant, des doutes subsistent
sur la dose optimale. Elle est souvent associée à la chondroïtine sulfate (voir
ci-dessous).
Depuis 2012, les autorités
sanitaires européennes ont interdit aux compléments alimentaires contenant de
la glucosamine de prétendre favoriser la mobilité des articulations, ou réduire
le processus de destruction des cartilages, ou être bénéfique à la santé des
surfaces articulaires, des cartilages, des ligaments ou des os. Cette
allégation de santé est désormais interdite.
À l’instar de la
glucosamine, la chondroïtine sulfate est un constituant essentiel du cartilage
dont il assure la structure et l’élasticité. En tant que médicament, il est
proposé sous forme de gélules ou de granulés disponibles sans ordonnance. Des
études cliniques indiquent qu’il contribue à ralentir la progression de l’arthrose. La prise simultanée de glucosamine pourrait
amplifier cette action préventive.
Cependant, depuis
2012, les autorités sanitaires européennes ont interdit aux compléments
alimentaires contenant de la chondroïtine de prétendre soutenir la mobilité des
articulations, aider à garder les genoux et autres articulations souples et
flexibles, ou être un composant important du métabolisme
des articulations ou de la bonne santé des articulations. Ces allégations de
santé sont désormais interdites.
Cette substance,
naturellement produite par l’organisme, est indispensable au bon fonctionnement
du système nerveux et du foie. Elle a été largement étudiée et a démontré une
certaine efficacité contre la progression de l’arthrose.
Une forme en comprimés, récemment mise au point, est utilisée comme médicament
contre l’arthrose dans plusieurs pays
européens. Elle est devenue un complément alimentaire très populaire
outre-Atlantique. La SAM-e n’est pas commercialisée en France.
Depuis 2012, les
autorités sanitaires européennes ont interdit aux compléments alimentaires
contenant de la S-adénosyl-L-méthionine (SAM-e) de prétendre contribuer à
maintenir la santé ou la mobilité des articulations. Cette revendication
d’effet est désormais interdite pour les compléments alimentaires contenant de
la S-adénosyl-L-méthionine (SAM-e).
Les
insaponifiables d’huiles d’avocat et de soja dans l'arthrose
Certaines études
cliniques semblent indiquer que la prise de substances extraites des huiles
d’avocat et de soja, appelées substances insaponifiables, contribue à soulager
la douleur de l’arthrose. En France, un
médicament contenant ces substances (Piasclédine)
est disponible sans ordonnance pour soulager les douleurs de l’arthrose de la hanche et du genou.
Les acides gras oméga-3 issus des poissons et l’acide
gamma-linolénique (un acide gras oméga-6) sont parfois proposés dans le
traitement des maladies inflammatoires comme l’arthrose
ou la
polyarthrite rhumatoïde. Il semblerait qu’une alimentation riche en ce type
d’acides gras puisse réduire la production, par
l’organisme, de certaines substances responsables des symptômes
d’inflammation, les prostaglandines
inflammatoires. Plusieurs études sont en cours de réalisation pour évaluer
cette hypothèse qui reste à démontrer.
Depuis 2012, les
autorités sanitaires européennes ont interdit aux compléments alimentaires
contenant des acides gras oméga-3 des huiles de
poisson ou de l’acide gamma-linolénique (GLA) de prétendre contribuer à
améliorer la mobilité des articulations. Cette revendication d’effet est
désormais interdite pour les compléments alimentaires contenant des acides gras oméga-3 issus des huiles de poisson ou de
l’acide gamma-linolénique (GLA).
Le MSM est une
substance naturelle contenant du soufre. Deux essais cliniques de bonne qualité
méthodologique semblent justifier son intérêt dans le soulagement des douleurs
liées à l’arthrose. Des études restent à faire
pour mieux définir les conditions de son usage. Le MSM est l’un des compléments
alimentaires les plus vendus outre-Atlantique.
Depuis 2012, les
autorités sanitaires européennes ont interdit aux compléments alimentaires
contenant du méthyl sulfonyle méthane (MSM) de prétendre participer au maintien
de la santé et du bon fonctionnement des articulations, des tendons, des
ligaments ou des os. Cette revendication d’effet est désormais interdite pour
les compléments alimentaires contenant du méthyl sulfonyle méthane (MSM).
Le silicium
dans l'arthrose
De nombreux
compléments alimentaires à base de silicium ou de prêle sont vendus dans les
pharmacies et les magasins de diététique. Pourtant aucune étude n’a démontré
l’efficacité de cette substance dans cette indication.
Depuis 2012, les
autorités sanitaires européennes ont interdit aux compléments alimentaires
contenant du silicium de prétendre contribuer à la santé normale des os ou des
articulations. Cette revendication d’effet est désormais interdite pour les
compléments alimentaires contenant du silicium.
L'huile de krill
dans l'arthrose
En 2014, les
autorités sanitaires européennes ont interdit aux compléments alimentaires
contenant de l'huile de krill (source de caroténoïdes) de prétendre contribuer
à la santé normale des articulations. Cette revendication d’effet est désormais
interdite.
Existe-t-il des risques à prendre des
compléments alimentaires dans l'arthrose ?
La glucosamine
pourrait augmenter la résistance de l’organisme
à l’insuline. Elle est donc fortement
déconseillée aux personnes souffrant de diabète
de type 2 ou d’obésité. Ses éventuels effets indésirables sont les aigreurs d’estomac et
les diarrhées. Les personnes asthmatiques ou
allergiques aux crustacés sont parfois allergiques à la glucosamine.
La chondroïtine
sulfate est déconseillée aux personnes hémophiles ou recevant un traitement
anticoagulant. Il est préférable de l’utiliser
sous contrôle médical. Du fait de leur teneur élevée en sodium, certains produits à base de chondroïtine
sulfate ne doivent pas être employés en cas de régime sans sel. Ses effets indésirables
sont identiques à ceux de la glucosamine.
La SAM-e
est contre-indiquée chez les personnes souffrant de troubles
bipolaires, de maladie de Parkinson ou
qui prennent des médicaments contre la dépression.
Elle peut parfois provoquer un inconfort digestif en début de traitement.
Les insaponifiables
d’huiles d’avocat et de soja sont parfois à l’origine de régurgitations.
Les acides gras oméga-3 et l’acide
gamma-linolénique auraient des propriétés anticoagulantes qui justifient un
contrôle médical chez les personnes qui prennent simultanément des médicaments
destinés à fluidifier le sang.
Le MSM est
contre-indiqué chez les personnes souffrant de troubles des reins ou recevant
une chimiothérapie anticancéreuse.
Quelles plantes pour soulager l'arthrose ?
Certaines plantes
diminueraient la fabrication par l’organisme des substances liées à l’inflammation.
L’harpagophyton
dans le traitement de l'arthrose
Les racines
d’harpagophyton contiennent des principes actifs
(harpagosides, harpagoquinone et acide cinnamique) qui inhiberaient la synthèse
de substances impliquées dans la réaction inflammatoire. L’harpagophyton est la
plante qui a montré le plus grand intérêt dans le traitement des douleurs liées
à l’arthrose. Il est également utilisé pour
soulager les douleurs
lombaires.
Le cassis
dans le traitement de l'arthrose
Les feuilles et
les baies de cassis renferment des flavonoïdes et des proanthocyanidols qui
seraient dotés de propriétés anti-inflammatoires.
L’huile de graines
de cassis est riche en acides gras essentiels
de la famille des oméga-3 et de celle des oméga-6 qui posséderaient des
propriétés anti-inflammatoires. Cependant, en
2012, les autorités européennes ont interdit aux compléments alimentaires
contenant des acides gras oméga-3 ou oméga-6 de
revendiquer un effet positif sur les articulations ou sur l'inflammation. Ces allégations de santé sont désormais
interdites.
L’ortie
dioïque dans le traitement de l'arthrose
Les feuilles
d’ortie dioïque sont riches en sels
minéraux, en acides caféique et chlorogénique, en sitostérol et en flavonoïdes,
peut-être à l’origine de ses propriétés anti-inflammatoires.
Le saule
blanc et la reine-des-prés dans le traitement de l'arthrose
L’écorce de
saule blanc contient des tanins, des flavonoïdes et des composés salicylés (en particulier la salicine). Dans
l’organisme, la salicine est transformée en acide salicylique, substance anti-inflammatoire et analgésique
(contre la douleur). Cette substance se retrouve également dans la reine-des-prés
(ou spirée).
Les autres
plantes dans le traitement de l'arthrose
L’huile
essentielle de romarin,
l’huile essentielle de gingembre
et la teinture
d’arnica sont traditionnellement utilisées en application pour soulager les
douleurs articulaires et musculaires.
Le curcuma
réduirait la douleur articulaire, et aurait un effet anti-inflammatoire.
Le bouleau est
proposé dans le traitement des rhumatismes - sans preuve de son efficacité.
Existe-t-il des risques à utiliser des plantes
contre l'arthrose ?
L’apparition
soudaine d’un gonflement et d’une rougeur au niveau d’une articulation justifie
une consultation médicale rapide, surtout en présence de fièvre, de frissons ou
de douleurs musculaires.
- L’harpagophyton est déconseillé aux personnes qui
souffrent de maladies cardiovasculaires, de reflux gastro-œsophagien ou d’ulcère de l’estomac ou du duodénum, ainsi qu’à celles souffrant de calculs biliaires.
- En cas d’insuffisance
cardiaque ou rénale, il est recommandé de consulter avant de prendre
des produits de phytothérapie contenant
des feuilles ou des baies de cassis.
- Les personnes qui souffrent d’une crise de calculs urinaires (colique
néphrétique), ou de troubles du cœur ou des reins doivent
s’abstenir de prendre de l’ortie, du fait de ses propriétés diurétiques.
- L’écorce de saule blanc présente les mêmes
contre-indications que l’aspirine.
Comment diagnostique-t-on l’arthrose ?
Outre l’examen
clinique, la radiographie permet de diagnostiquer et de suivre l'évolution de
l'arthrose. La radiographie montre des images
caractéristiques où l’os situé sous le cartilage se densifie tandis que des
excroissances osseuses apparaissent autour de l’articulation.
Quels sont les traitements de l’arthrose ?
Les traitements de
l’arthrose visent à combattre la douleur et l'inflammation. Il s'agit de médicaments à avaler, à
injecter dans l'articulation douloureuse ou à appliquer localement. Le
traitement de l’arthrose peut également faire
appel à la pratique d'une activité physique adaptée et à la rééducation grâce à
la kinésithérapie. Il s’agit de soutenir les articulations avec un renforcement
musculaire adapté, et d’améliorer l’amplitude des mouvements. Le port d’orthèses, les cures thermales et la chirurgie sont
parfois prescrits pour soulager l’arthrose.
Quelles mesures prendre en cas d'arthrose du
genou ou de la hanche ?
La lutte
contre un éventuel excès de poids est un élément essentiel, surtout en
cas d’arthrose de genou.
Les sports
qui sollicitent les genoux (vélo, ski, course..) et la station debout
prolongée doivent être évités.
L’utilisation
d’une canne en période de crise douloureuse et le port d’orthèses ou de chaussures qui favorisent
l’amortissement peuvent être utiles.
Des exercices
de musculation et de mobilisation articulaire peuvent
être conseillés par un kinésithérapeute. Leur pratique
quotidienne contribue à diminuer la douleur, à prévenir l’enraidissement de
l’articulation et les mauvaises postures.
Les injections intra-articulaires d'acide
hyaluronique
L'acide
hyaluronique est un lubrifiant naturellement présent dans le liquide
synovial. Il peut être injecté dans l’articulation en cas d’arthrose du genou douloureuse. Depuis le 1er décembre
2017, plus aucune solution injectable d'acide hyaluronique n’est remboursable
en France. Cette décision fait suite aux avis de la Commission nationale
d’évaluation des dispositifs médicaux, selon lesquels le service rendu de ces
produits est insuffisant dans l’arthrose du
genou, faute de données solides.
Quelle place pour l’activité physique adaptée
dans la prise en charge de l’arthrose ?
L’activité
physique adaptée (APA) fait partie des traitements non médicamenteux de l’arthrose. En effet, la pratique régulière d’une
activité physique contribue à une meilleure mobilité articulaire et une
réduction de la douleur. De nombreuses activités sportives peuvent être
adaptées pour pouvoir être pratiquées par les personnes souffrant d’arthrose, même celles en surpoids voire obèses : par
exemple, aviron,
canoë-kayak,
natation,
taïchi
chuan et qi gong.
Dans le cadre de
la prise en charge de l’arthrose, le médecin
traitant peut désormais prescrire de l’APA en précisant les objectifs
recherchés (amélioration de l’amplitude articulaire, renforcement musculaire,
etc.) et les contre-indications propres au patient. Dans les clubs qui
proposent ces disciplines, des éducateurs formés à la pratique du sport santé
sont chargés de définir des protocoles de remise en forme et d’entraînement
adaptés à chaque cas particulier. Les frais engagés, souvent modestes, sont
parfois pris en charge par les assurances complémentaires (« mutuelles ») ou
les mairies / départements.
Les patients qui
ont recours à ces activités adaptées témoignent de bénéfices physiques (par
exemple sur l’autonomie et l’endurance), mais également de bénéfices
psychosociaux (lutte contre l’isolement, meilleure image de soi).
La chirurgie dans le traitement de l'arthrose
Chez les patients
atteints d’arthrose qui ne sont pas soulagés
par les médicaments ou la kinésithérapie, un traitement chirurgical peut être
envisagé, notamment en cas d’arthrose de la
hanche ou du genou. Dans la majorité des cas, la chirurgie consiste à poser une
prothèse totale pour remplacer l’articulation abîmée. L’intervention permet
d’améliorer la qualité de vie des patients souffrant d’arthrose.
Il existe de
nombreux modèles de prothèses. Le choix tient compte de l’état de santé, de
l’âge et de l’anatomie du patient. L’intervention nécessite une hospitalisation
de plusieurs jours puis ensuite d’une rééducation.
Comme pour toute
intervention chirurgicale, des complications sont possibles : phlébite, infection, hématome.
Un traitement anticoagulant est habituellement
prescrit dans les suites de l’opération pour prévenir le risque de phlébite. Des complications à plus long terme peuvent
également être observées : raideur ou luxation de l’articulation, descellement
de la prothèse...
Les traitements antalgiques pour lutter contre
la douleur dans l'arthrose
Les douleurs de l'arthrose peuvent être soulagées par des traitements
antalgiques pris par voie orale.
Le paracétamol
Les médicaments
contenant du paracétamol (voir liste ici) sont recommandés en premier lieu. Dans le traitement
de l'arthrose, le paracétamol peut être pris à
la dose de 1 gramme, quatre fois par jour, mais uniquement sur prescription
médicale. Le paracétamol est habituellement bien toléré. Néanmoins, un surdosage peut être toxique pour le
foie. Il faut s’assurer de ne pas dépasser les doses
prescrites et de ne pas associer plusieurs médicaments
contenant du paracétamol. En cas de traitement anticoagulant
oral et de prise d’une dose de quatre grammes de paracétamol par jour
pendant quatre jours ou plus, une surveillance accrue du traitement anticoagulant peut être nécessaire.
Les médicaments
listés ci-dessous sont ceux ayant des présentations dosées à 1 g de paracétamol
et une indication spécifique dans l’arthrose.
Les
anti-inflammatoires non stéroïdiens par voie orale
Certains anti-inflammatoires non stéroïdiens
(AINS), comme l'ibuprofène et le kétoprofène,
ou l'aspirine (voir liste ici)
peuvent être obtenus sans ordonnance pour soulager la douleur, mais ils ne
doivent pas être utilisés plus de quelques jours sans avis médical.
Si le soulagement
est insuffisant, le médecin peut également prescrire des AINS disponibles uniquement sur ordonnance pour
traiter l’arthrose, notamment lorsqu'elle est
invalidante. A forte dose, les AINS diminuent
l’inflammation des articulations, ainsi que la
raideur.
Les AINS sont contre-indiqués en cas d’antécédent d’allergie
à un AINS, de trouble de la coagulation, d’ulcère de l’estomac ou du duodénum,
d’insuffisance hépatique, cardiaque ou rénale
et chez la femme enceinte à partir du 6e mois de grossesse.
Les AINS exposent à des effets
indésirables digestifs (brûlures d'estomac, ulcère
de l’estomac ou du duodénum) : ils
doivent être utilisés à la dose minimale efficace et pendant le durée la plus
courte possible. On les associe parfois à des médicaments
protecteurs de l’estomac (inhibiteurs de la pompe à protons).
|
Des
effets indésirables cutanés potentiellement
graves
|
|
Les
médicaments contenant du méloxicam, du piroxicam et du ténoxicam sont
susceptibles de provoquer des allergies
cutanées graves (syndrome de Lyell ou de
Stevens Johnson par exemple). L’apparition de boutons ou de cloques sur la
peau nécessite l'arrêt immédiat du traitement et un avis médical urgent.
|
Les
anti-inflammatoires non stéroïdiens sous forme de gel
Certains anti-inflammatoires (AINS)
sous forme de gel pour application locale peuvent être utilisés pour soulager
les douleurs d’arthrose des petites
articulations (doigts, genoux, etc). Ils n’exposent pas aux effets indésirables digestifs des AINS par voie orale.
Les gels contenant du kétoprofène sont néanmoins susceptibles
d’entraîner des réactions de photosensibilité. Les zones traitées avec
le gel doivent être recouvertes par un vêtement pour ne pas être exposées au
soleil, même voilé, pendant toute la durée du traitement et pendant les 15
jours qui suivent son arrêt.
Les antalgiques
opiacés et morphiniques
Le médecin peut
prescrire des médicaments contre la douleur plus puissants : dérivés opiacés (codéine,
tramadol) seuls ou associés avec du paracétamol (voir liste ici), ou en dernier recours, morphine
et ses dérivés. La codéine ou le
tramadol peuvent être mal tolérés par certaines personnes (nausées, vertiges, constipation,
somnolence). En cas d’effets secondaires gênants, informez-en votre médecin.
Les médicaments associant la codéine ou le
tramadol au paracétamol ne doivent pas être pris avec des médicaments contenant
du paracétamol seul.
Les infiltrations dans les articulations
Lors d'arthrose sévère, certains médicaments sont injectés
directement dans l'articulation douloureuse.
Les injections
intra-articulaires de corticoïdes
Les
glucocorticoïdes, ou corticoïdes, sont des produits de synthèse dérivés de la cortisone,
une hormone sécrétée par les glandes surrénales. Les glucocorticoïdes sont également
appelés corticostéroïdes. Ils diminuent les signes caractéristiques de la
réaction inflammatoire (chaleur, rougeur et gonflement). Les glucocorticoïdes
sont des médicaments délivrés sur ordonnance.
Dans le traitement
de l'arthrose, les corticoïdes sont généralement
administrés sous forme d'infiltrations.
L'infiltration consiste à injecter une solution
de glucocorticoïde dans ou autour d'une articulation pour calmer la douleur et
réduire l'inflammation. Il s'agit d'un
traitement local qui permet d'obtenir une forte concentration d’anti-inflammatoire à l'endroit de l'inflammation. Avec les glucocorticoïdes injectables à
effet retard (dont l'effet dure plusieurs jours), des réactions douloureuses au
site d'injection peuvent survenir dans les douze heures suivant l’injection.
Elles disparaissent spontanément. Les infiltrations
ne doivent être pratiquées que par un médecin expérimenté et dans des règles d'asepsie strictes. Pratiquée dans de mauvaises
conditions d'hygiène, une infiltration peut
provoquer la survenue d'une infection au point d'injection, provoquant
l'infection de l'articulation ou un abcès. Si
vous constatez un gonflement très douloureux et chaud accompagné de fièvre dans
les jours qui suivent une infiltration,
prévenez aussitôt votre médecin.
|
Les
effets indésirables des corticoïdes
|
|
Lorsqu'ils
sont pris par voie orale, les corticoïdes ont des effets
indésirables que l'on observe essentiellement lors de traitements de
longue durée (plusieurs semaines à plusieurs mois) : rétention d'eau
(prise de poids, gonflement du visage), troubles du sommeil et surexcitation,
hypertension artérielle, diabète, peau plus fine et cicatrisant plus
lentement, ecchymoses (bleus), acné, etc. Les corticoïdes
de synthèse ont un effet anti-inflammatoire
plus puissant que la cortisone naturelle et,
à efficacité égale, ils présentent moins d'effets
indésirables.
Dans le cadre du traitement de l'arthrose,
les corticoïdes pris par voie orale sont essentiellement utilisés pour
traiter des phases aiguës très invalidantes.
|
Les injections
d’acide hyaluronique
Des injections
d'acide hyaluronique pour lubrifier le genou sont également possibles. Elles
visent à réduire la douleur et la gêne, mais n’ont pas d'effet sur l'évolution
de la dégradation du cartilage. Un médicament (HYALGAN) contenant de l'acide
hyaluronique a une indication dans le traitement de l’arthrose
du genou douloureuse avec épanchement. L’injection doit être réalisée par un
rhumatologue, un chirurgien orthopédique ou un médecin de médecine physique et
de réadaptation.
Les antiarthrosiques d’action lente et autres
médicaments
D'autres
médicaments sont parfois prescrits dans le but de préserver les
cartilages : chondroïtine sulfate, glucosamine, diacéréine,
insaponifiables d’avocat et de soja. Suite à la réévaluation de leur
service médical rendu par les autorités de santé, ils ne sont plus remboursés
par l'Assurance maladie. Certaines de ces substances (glucosamine,
chondroïtine...) sont également présentes dans des compléments
alimentaires.
L'Agence
européenne du médicament a mené une réévaluation de la balance
bénéfice/risque des médicaments à base de diacéréine, suite à la
survenue de troubles digestifs fréquents (avec
des diarrhées parfois sévères) et de cas d’hépatite et de réactions cutanées graves. En décembre
2014, l’Agence française du médicament a émis de nouvelles recommandations pour
minimiser les risques d'effets indésirables de
la diacéréine : limitation de la prescription aux personnes de moins de 65 ans,
initiation du traitement à dose réduite et surveillance régulière du
fonctionnement du foie (dosage des transaminases).
Quelle place pour le thermalisme dans le
traitement de l’arthrose ?
Le thermalisme
propose de traiter, à l’aide de différents soins, des maladies particulières en
tirant profit des éléments contenus dans certaines eaux minérales. Ces
traitements peuvent prendre différentes formes : prises d'eaux en
quantités précises et selon un horaire établi, douches chaudes sur certaines
parties du corps, bains avec massages pulsés, bains de boue, etc. Une cure dure
en général 18 jours.
Le thermalisme a
ses détracteurs. Pour certains, il n’a aucun effet avéré et il n’est qu’un
soutien déguisé de l'État à une certaine forme de tourisme. Les curistes, eux,
sont convaincus des bienfaits du thermalisme. Face à cette polémique, les
centres de thermalisme ont décidé de se regrouper en association avec les maires
des villes de cure. Ensemble, ils veulent susciter des études scientifiques
pour prouver le bien-fondé de ces traitements et justifier leur prise en charge
par la collectivité. Ces études sont d’autant plus nécessaires que des mesures
d’économie s’imposent à tous.
Une prise en charge sous conditions
Pour être
remboursée par l'Assurance maladie, une cure doit être prescrite par un médecin
sur une demande spéciale à envoyer à votre Caisse primaire d’assurance maladie.
Elle doit mentionner la station thermale choisie (qui doit être agréée) ainsi
que l’orientation thérapeutique pour laquelle la cure est prescrite. Le patient
doit par ailleurs remplir une déclaration de ressources qui lui permettra
éventuellement de bénéficier du remboursement de ses frais de séjour et de
déplacement ou de toucher des indemnités journalières.
Après examen du
dossier, l’Assurance maladie renvoie au patient une attestation de prise en
charge en deux volets (un pour les honoraires médicaux à remettre au médecin
thermal, un autre pour le forfait des soins thermaux à donner à l’établissement
lui-même) ou trois volets s’il y a prise en charge des frais de transport et
d’hébergement (à renvoyer à votre Caisse primaire d’assurance maladie à votre
retour). Les honoraires sont remboursés à 65 % et le forfait à 70 %.
Vérifiez auprès de votre mutuelle si la différence vous sera remboursée.
|
Les
affections prises en charge
|
|
Une cure thermale peut être prise en charge par
l’Assurance maladie à condition qu’elle soit prescrite dans l’un des domaines
médicaux suivants :
- affections des muqueuses
de la bouche ou de la langue ;
- affections digestives ;
- affections psychosomatiques ;
- affections urinaires ;
- dermatologie ;
- gynécologie ;
- maladies cardiovasculaires ;
- neurologie ;
- maladies des veines ;
- rhumatologie ;
- maladies des voies
respiratoires.
|