samedi 31 octobre 2026

Mémoires et radotages (730) – Le bonheur et la nullité

 


Écrit le 29 octobre 2026


Sur Europe1 il y a une émission aujourd’hui « Et si on en parlait », où Marie Estelle Dupont évoque la propension qu’ont certaines personnes à refuser le bonheur, et même à le fuir, dans une sorte de paranoïa… C’est une notion qui m’échappe et donc que j’ai du mal à comprendre.

Le bonheur, pour moi, c’est une chose que j’ai vécue… Mes trois enfants ont créé mon bonheur… Ma vie a été transformée par eux. Ils sont le soleil de ma vie… Cela m’a aidé à vaincre les difficultés professionnelles, familiales (du coté du comportement de ma sœur envers ma mère), économiques (soucis d’impayés, de chômage sans indemnités)… Quand on a une source de bonheur, ce n’est pas pour autant que toute notre vie est peinte en rose… Mais la part de bonheur que l’on a, pour autant qu’elle soit suffisante, nous permet de vaincre les difficultés de la vie…


Mais maintenant… Si mes trois petits (qui sont grands), me donnent toujours autant de bonheur, ils me donnent bien du souci. Aujourd’hui, je m’interroge sur ce bonheur dont je finis par croire qu’il est égoïste, tant la vie de mes enfants est précaire dans une société qui ne récompense pas les gens comme ils le méritent, dans une société qui n’offre plus d’emploi, dans une société qui ne procure que du chômage, ou des sous-emplois, dans une société qui n’a plus d’ascenseur social.

Ainsi, je commence à regretter cet aveuglement de bonheur qui m’a habité pendant tant d’années… J’étais égoïste, j’étais inconscient, j’étais un responsable qui se conduisait en irresponsable… Faire mettre sur terre des petites bouts de choux dans cet enfer !

Certes, on me dira que je ne pouvais pas savoir, que je ne pouvais pas deviner le futur…

Mais ce n’est pas cette réflexion qui me consolera.

Finalement j’ai échoué pour mes petits… Et pour le reste aussi, bien sûr…

C’était pourtant mon seul désir : la réussite et le bonheur de mes petits, auquel cas, ma vie aurait été une parfaite réussite, éclipsant les échecs des autres pans de ma vie évoqués précédemment !


Qu’aurait-il fallu que je fisse pour réussir, c’est à dire pour mettre mes enfants dans une orbite méritée, dans des conditions de réussite matérielle, professionnelle et familiale acceptables ?

De ce questionnement général, j’ai beau repasser toute ma vie, je ne vois pas où cela a cloché. Plus exactement, cela a raté tellement partout à chaque fois, à chaque occasion, que je ne peux déterminer une seule cause d’échec… Tout a été échec !

J’en conçois une telle honte que je souhaite quitter ce monde avant que mes petits commencent à me faire des reproches, si ce n’est pas déjà fait dans leurs têtes…


Évidemment, les gens bien attentionnés, dont les enfants ont bien réussi, me diront que ce n’est pas de ma faute, que j’ai fait ce que j’ai pu, et ce n’est déjà pas mal… Aumône de ceux qui n’ont pas besoin de la charité !!!


J’ai été nul… Il y a même un mot, nom et qualificatif à la fois, qui me terrifie et que m’avait adressé ma première femme (Vous savez les femmes, ces bestioles qui, lorsqu'elle n'ont pas un statut social confortable, ne sont attirées par un homme que par un besoin de confort et qui vous crachent à la gueule, le jour où elles n’ont plus le confort désiré!)… Ce mot, prononcé une seule fois, que je ne citerai pas parce qu’il me fait mal comme une flèche empoisonnée, qui fut le début de la fin, et qui contribua à ma séparation, dans laquelle je perdais tout et où je repartais de zéro…

Quand je dis que ma vie est un échec, je ne crois pas exagérer…

Je compare avec mes collègues de promotion et effectivement cette comparaison n’est pas à mon avantage… Je suis content pour eux… Mais quant à moi, je leur cache mes conditions d’existence… L’un d’entre eux, qui m’appelait autrefois, est passé près de chez moi il y a plusieurs années, sans me le dire, depuis il ne m’appelle plus, évite tout contact même téléphonique et quand il répond, il écourte la communication… Il avait du être déçu de voir la maison d’un gueux où il ne souhaitait pas s’inviter… Et il est vrai que j’aurais eu honte de le recevoir dans une maison qui mériterait le passage de l’émission « Cleaners » au préalable…


Mon échec est donc aussi dans mes choix nuls en matière d’épouses… Mais était-il besoin de le préciser ?

          


2 commentaires:

  1. En fait, nous ne sommes pas maîtres de grand chose, et sans la jouissance, je pense que nous serions beaucoup moins sur terre !
    on ne décide de rien, même pas de notre tempérament et caractère !
    Si on nous demandera des comptes, ce sera sur ce que nous aurions bien ou mal fait !
    Le passage à l' adulte réduit notre responsabilité !
    Notre âme sans la contrainte du corps, ce serait déjà bien !
    Bonne journée
    Amitié

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    1. Je m'aperçois que les qualités issues de la morale Chrétienne, étaient l'inverse de celles qu'il faut pour réussir...
      Evidemment ce sont les qualités morales que j'ai inculquées à mes enfants... Ces qualités qui font des Chrétiens qui vont dans l'arène pour se faire bouffer par les lions... Et pourtant je ne leur ai pas enseigné la religion... Seulement les comportements que je considérais comme moraux... Bien à tort !!!
      Très bonne journée à toi

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